Avec Fnac.com,le site culturel Passagedulivre.com produit des chroniques littéraires pour mieux choisir vos livres préférés.

 

Les lecteurs de Livres Hebdo sont invités à découvrir sur Passagedulivre.com les plus beaux portraits des auteurs et des traducteurs.

 

Découvrez les interviews décalées des auteurs et des traducteurs.

 

Abonnez vous à la correspondance "Fnac.com et l'actualité des livres", envoyée chaque semaine à plus de 400 000 amoureux des livres. Vous y trouverez notamment les interviews décalées des écrivains et des traducteurs, et de courts extraits de vos livres préférés.

 

Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous : la foire aux questions.

 

Bonne visite sur Passagedulivre.com !

 

.. S com hom

Couverture du livre S com hom

Date de saisie : 20/07/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Qui lit vit, Brimont, France
Auteur : Philippe Parrot
Illustrateur : Sandra Savajano

Prix : 16.00 €
ISBN : 978-2-919760-01-5
GENCOD : 9782919760015 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 30/11/2010

 
 
4ème de couverture

Cinq récits présentent des personnages sous le coup d'émotions extrêmement fortes. Paul, Loû, Noémie, Akmair, l'étrangère et l'homme bleu vont jusqu'au bout de leur logique les possède, taraudés par l'ambition, le désir, le sacrifice, le pouvoir ou l'amour. Leur inextinguible énergie les conduit à toucher des extrêmes qui oscillent entre abnégation et barbarie. Certains passages du recueil en portent la marque et peuvent paraître, à ce titre, particulièrement édifiants. Même si la réalité dépasse toujours l'imagination dans ce domaine. Hélas ! Ce compagnonnage avec l'homme face à lui-même met à nu nos consciences, livrées à la pure noblesse et à la pire violence des sentiments.

Philippe Parrot écrit avec une telle précision, une telle conviction, un tel souci de la perfection qu'on se retrouve englouti dans ses écrits, emporté dans un tourbillon de mots qui vous emmène au-delà de tout ce que vous pensiez rencontrer. Vous frissonnez quand il parle d'amour, vous pleurez quand il parle de sacrifice, vous vous révoltez quand il parle de pouvoir ou d'ambition...
Les illustrations magnifiques de Sandra Savajano se marient harmonieusement aux mots de l'auteur : un ouvrage à consommer sans modération !

Philippe Parrot est né à Château-Thierry en 1950. Après avoir séjourné en Australie et obtenu une licence de philosophie à Paris, il enseigne cette discipline en Afrique. De retour en France, il dirige durant plusieurs années une maison de retraite.
Aujourd'hui, il vit à Épernay où il gère avec Chantal Charlot un organisme de formation.

Sandra Savajano, née à Avignon en 1970, est d'une nature curieuse et touche-à-tout. Tout en élevant ses trois enfants, elle se partage entre activités bénévoles et artistiques. Durant cinq ans, elle étudie les arts plastiques. Son grand intérêt pour la diversité de l'être l'amène en 2006 à exposer ses peintures et collages en Avignon et à Lagnes. Elle n'a pas de ligne de conduite, si ce n'est se laisser toucher par ce qui l'approche, et tenter de nouvelles expériences. En 2010, un projet avec Philippe Parrot la conduit à associer sa sensibilité aux mots de l'auteur.
Pour le reste : à suivre...

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
 
Passage choisi

Paul se laissait porter par le flux des voyageurs qui drainait chaque soir son lot de banlieusards, obnubilé par le projet qu'il peaufinait depuis quelques jours. L'audace de son plan le stupéfiait, mais il savourait l'indécence qu'il y avait à le formuler, convaincu, au rappel de la décision qu'il avait prise, qu'il jouait là son va-tout.
Il suivait un couloir où des relents de frites se mêlaient à l'âcreté des odeurs d'urine ventilées par les courants d'air. Encore quelques mètres et il allait devoir, comme tous les jours depuis sept ans, extirper sa main droite de la poche, présenter son billet et franchir le tourniquet avant de retrouver, en haut des escaliers, l'esplanade encadrée par les barres de la cité. Sept ans et toujours la même angoisse ! Cette main droite déchiquetée par une grenade en plein djebel, avec un pouce miraculeusement sauvé, il devait s'en servir quotidiennement et l'exhiber à toute heure. Au bureau, devant les collègues qui détournaient les yeux ; en visite, auprès des amis qui frissonnaient à son contact ; à l'improviste, devant l'agent qui vérifiait les titres de transport...
Il délaissa un instant ses pensées pour observer les visages des voyageurs, sans songer une seconde que nul ne pouvait, dans la cohue, prêter attention à son infirmité. Il s'enhardit lorsqu'il constata qu'aucun regard n'était tourné vers lui. Il dégagea son avant-bras, passa le contrôle puis enfonça de nouveau sa paume dans son veston, soulagé de se fondre dans l'anonymat sécurisant de la normalité.
- Aujourd'hui encore, ils n'y ont vu que du feu !
Ses réflexions reprenaient leur cours fiévreux, axé sur sa préoccupation du moment. Il était parvenu à la sortie et gravissait les marches, en fixant chacune d'elles au fur et à mesure qu'elle se présentait. Il notait les renforts métalliques aussi lisses et brillants qu'un rail, les mille et une paillettes de mica incrustées dans la foulée, mais guettait surtout - habitué à le voir surgir en plans successifs au rythme de la montée - deux pieds enfouis dans des babouches, puis une vieille djellaba effilochée, enfin, le visage de Moh'arki coiffé de son éternelle chéchia. Il aimait retarder le retour dans son trois-pièces et discuter quelques minutes avec le mendiant, un ancien harki relégué au rang de paria.
Paul s'était toujours apitoyé sur cette existence qui s'achevait au fond d'une cave - tandis que sa famille vivait dans un appartement de la cité -, touché par cet homme qui supportait sa relégation depuis des années sans jamais se rebeller. Mais il n'éprouvait plus à cette heure de pitié pour le vieil Arabe banni par sa communauté d'origine et sa patrie d'adoption. Il ressentait au contraire du mépris pour tous les Moh'arki du monde, victimes de leur destin.

 
 
Courrier des auteurs (en partenariat avec Fnac.com et lechoixdeslibraires.com)


1) Qui êtes-vous ? !
Difficile d'apporter une réponse satisfaisante à une telle question ! Dans un souci de concision, je distinguerai dans ma présentation ce qui relève du social et du singulier, de l'individu et de la personne.

En tant qu'individu, il est facile de m'identifier. À l'image de chacun d'entre nous, la société m'a formaté pour que je sois un membre lambda relativement bien intégré à la collectivité. À ce titre, je me définis par mon état civil, mon métier et mes comportements, en fait par une somme de critères, de compétences et de masques qui me permettent d'agir sans avoir à me livrer. La bureaucratie y gagne en efficacité et les hommes en tranquillité. Je vais donc me plier de bonne grâce à cet exercice formel, guère instructif sur le fond. Bel et bien dénommé Philippe Parrot, je suis né à Château-Thierry en 1950. Après avoir séjourné en Australie puis obtenu une licence de philosophie à Paris, j'ai enseigné cette discipline en Afrique. De retour en France, j'ai exercé plusieurs professions avant de diriger une maison de retraite. Aujourd'hui, je vis à Épernay où je travaille dans un organisme de formation, d'évaluation et d'accompagnement. Telle est ma fiche signalétique de numéro matricule.

Quant à cerner ma personne, cela me parait moins évident, doutant moi-même de la connaitre suffisamment. D'ailleurs, je serais presque tenté de penser que S COM HOM donne à ce sujet plus de clés que je ne pourrais le faire. Tiraillé entre des aspirations contradictoires, je les gère derrière une réserve qui cache pêle-mêle un catalogue à la Prévert : un bûcheur sacrément paresseux, un rêveur drôlement réaliste, un idéaliste souvent cynique, un passionné trop raisonneur. Mais aussi à l'occasion, un émotif rudement froid, un gentil parfois retors, un homme à principes pourquoi pas sans ! Bref, j'en passe et des meilleures. En somme, des éléments disparates et incomplets d'un puzzle à construire qui laisseront le lecteur sur sa faim. J'en suis désolé, convaincu que trop de pièces manquent encore. Mais qui vivra verra...

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Un seul thème parcourt les cinq nouvelles de ce recueil : la passion ! Qu'ils agissent poussés par l'ambition, le désir, l'idéal, le pouvoir ou l'amour, Paul, Loû, Noémie, Akmair, Kahane, l'Étrangère et l'Homme Bleu vont jusqu'au bout de la logique qui les possède. Animés par des convictions inébranlables, tous ces personnages se mettent à nu, dévoilant jusqu'à l'outrance les facettes de leur «folie» : cynisme de leur comportement, noirceur de leur dessein, puissance de leur désir, noblesse de leur sentiment, cruauté de leur agissement, immensité de leur amour... À l'image des excès qui caractérisent la passion, ce recueil touche en permanence à des extrêmes qui oscillent entre abnégation et barbarie.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Je vous informe que vous êtes coupable des différents chefs d'accusation que j'énoncerai dans les minutes qui viennent. Dyal ne se trompe pas. S'il a démasqué votre esprit dévoyé et votre main criminelle et s'il vous a montrée du doigt pour que nous vous arrêtions, c'est qu'Il sait que votre âme est impure et vos agissements condamnables. Sa clairvoyance est trop grande pour que vous osiez prétendre le contraire et contester Sa Parole qui dicte la Vérité et la Justice. Vos arguments ne pèsent d'aucun poids face à ses Révélations. Il vous a désignée comme coupable, vous l'êtes donc ! Inutile de vous acharner à vous défendre en présentant des alibis fallacieux ou des justifications oiseuses. Nous ne sommes d'ailleurs pas là pour prouver votre innocence, mais pour entendre, de votre bouche, l'aveu de votre culpabilité. Concevoir que vous puissiez être innocente est un blasphème à son égard et une contre-vérité. Votre arrestation vaut condamnation et mes interrogatoires visent seulement à déterminer la nature de votre châtiment.» (Extrait de la nouvelle : Les fous du stade)

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une chanson du groupe The Rolling Stones : «Sympathy for the devil»

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Si notre raison peut à tout instant tempérer nos rêves les plus fous afin de préserver notre équilibre, il n'en est rien avec la passion. Elle nous échappe, mieux elle nous possède. Nous la subissons à notre corps défendant, sans pouvoir agir sur elle. C'est elle qui façonne notre existence ; c'est elle qui nous incite à prendre une voie plutôt qu'une autre ; c'est elle enfin qui nous pousse vers les extrêmes, le bien comme le mal. Et à chaque fois, la raison abdique toute indépendance pour se soumettre à la seule loi des sentiments. Mieux, elle érige leur aveuglement en principe, conférant à la passion une illégitime légitimité.

À travers S COM HOM, j'aimerais partager ce déroutant constat. Si la passion est souvent cet élan vital qui contribue efficacement à notre épanouissement, elle est parfois l'énergie la plus mortifère qui soit. En fait, c'est un état profondément dérangeant puisqu'au gré des circonstances qui s'imposent aux hommes, elle s'avère tantôt un souffle nourricier au service de la vie tantôt une force délétère au service de la mort. Et à chaque fois bien enracinée dans le coeur des hommes ! Terrible et fascinante ambivalence.

Journellement confronté à ses manifestations au travers de l'actualité, aucun d'entre nous ne doit cependant croire que ses errements sont «l'affaire des autres». Que surviennent autour de nous des évènements exceptionnels et peut-être pourrions-nous passer du statut d'observateur à celui d'acteur sans nous en apercevoir, nous conduisant tout à coup comme des saints ou des démons ? Ambigüité de la nature humaine à méditer. Ensemble pour éviter le pire !

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
Nous contacter - Informations légales - Vous êtes éditeur ?