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Date de saisie : 04/06/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Milady, Paris, France
Auteur : Hilary Boyd
Traducteur : Emmanuelle Detavernier
Prix : 7.60 €
ISBN : 9782811207656
GENCOD : 9782811207656
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Sorti le : 18/05/2012
Jeanie est mariée à George depuis trente ans. Elle a une fille qu'elle adore et une petite-fille qu'elle idolâtre. Mais Jeanie a un secret. Son mari ne la touche plus depuis dix ans et elle en ignore la raison. En outre, elle refuse de se laisser enfermer dans le rôle de vieille dame que tout le monde veut lui voir endosser. Elle est encore pleine de vie et compte bien résister. Un de ses grands plaisirs est d'emmener sa petite-fille au parc tous les jeudis. C'est là qu'elle fait la connaissance de Ray, un homme de son âge. Ray est tout ce que George n'est pas : enjoué, ouvert d'esprit et... séduisant. Au fil de leurs rencontres, Jeanie va tomber amoureuse. Elle sait pourtant que cette passion lui est interdite, car elle menace tout ce qui lui est cher. Comment choisir ?
Inédit
Il n'y a pas d'âge pour tomber amoureux.
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- Tu ne devrais pas boire autant. Le murmure de George siffla dans la chaleur de cette nuit estivale, tandis qu'ils marchaient sur le trottoir silencieux.
- Je n'ai bu que trois verres, protesta Jeanie. Je ne suis pas soûle.
Elle ouvrit la porte et se dirigea vers la cuisine. Il faisait chaud, si chaud, même s'il était déjà 22 h 30. Elle jeta son sac et ses clés sur la table avant d'ouvrir les fenêtres de la terrasse.
- C'est tellement embarrassant. Tu parles si fort, d'une voix si aiguë, poursuivit-il comme si elle n'avait rien dit. Tu crois vraiment que quelqu'un s'intéresse aux essais cliniques sur les vitamines ? Si tu n'avais pas été aussi soûle, tu te serais rendu compte que ce type s'ennuyait à mourir.
Jeanie se retourna vers son mari, frappée par sa véhémence. Il avait été particulièrement tendu ce soir-là, hargneux même, avant qu'ils n'arrivent chez Maria et Tony. Alors qu'ils avaient à peine fini le café, George s'était levé d'un bond, affirmant qu'ils devaient partir en prétextant un quelconque rendez-vous le lendemain matin.
- Je n'étais pas soûle, George. Je ne suis pas soûle ! C'est lui qui m'a posé toutes ces questions, rétorqua-t-elle.
George récupéra les clés abandonnées sur la table pour les suspendre à la rangée de crochets dans le hall d'entrée. Au-dessus de chacun d'eux, une étiquette, rédigée de sa plus belle écriture, annonçait : «Maison-George», «Maison-Jeanie», «Voiture-George», «Voiture-Jeanie», «Double-George», «Double-Jeanie», pour éviter toute confusion.
- Si on prenait un verre sur la terrasse ? Il fait trop chaud pour aller se coucher.
Elle accrocha le regard de son mari pour voir s'il lui avait déjà pardonné, mais ses yeux étaient toujours plissés derrière ses lunettes d'écaillé.
- Je suis sûr qu'il croyait que tu flirtais avec lui, ajouta-t-il d'un ton sec.
- Oh, pour l'amour du ciel !
Le souffle court, Jeanie rougit et se détourna rapidement. Elle ne se sentait pas coupable : l'homme en question, un gringalet aux dents jaunes, était plutôt sympathique mais vraiment pas sexy. Non, elle était anxieuse. Elle détestait les disputes. Ayant grandi dans un presbytère humide, elle avait vu sa mère suivre aveuglément les règles brutales et autoritaires de son époux sans jamais se révolter contre cette façon qu'il avait de la maltraiter. Jeanie avait vécu dans la peur de ce père, espérant pourtant que sa mère finirait peut-être un jour par exploser et refuser de se laisser intimider, tout en se jurant de ne jamais laisser personne se comporter de la sorte avec elle. George, avec ses bonnes manières, n'avait rien de commun avec lui.
Son mari haussa les sourcils.
- Tu rougis.
Elle prit une profonde inspiration.