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.. De la rébellion à la résistance : les Amis du théâtre populaire à l'heure des choix

Couverture du livre De la rébellion à la résistance : les Amis du théâtre populaire à l'heure des choix

Date de saisie : 14/06/2012
Genre : Théâtre
Editeur : les Solitaires intempestifs, Besançon, France
Auteur : Jacques Olivier Durand

Prix : 14.50 €
ISBN : 9782846813549
GENCOD : 9782846813549
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 06/06/2012

 
 
4ème de couverture

Après s'être mobilisés pour sauvegarder la présence de Jean Vilar à la direction du Festival d'Avignon (été 1953), des passionnés se sont organisés pour que le théâtre soit présent toute l'année dans leurs cités. En quelques années, des associations de spectateurs ont vu le jour dans de nombreuses villes françaises. Leur place dans le paysage de la diffusion du spectacle vivant est aujourd'hui reconnue, appréciée et respectée. Face à l'évolution des pratiques des publics, à la diversification des formes de la création, aux mutations des politiques culturelles, comment ces «enfants de Vilar», qui ont élevé leur passion au rang de service public, peuvent-ils aujourd'hui encore oeuvrer pour que le théâtre continue à raconter l'homme, à témoigner du monde, à parler au plus grand nombre et à aider chacun à exister davantage ?

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Passage choisi

TOUTE UNE HISTOIRE !

Naissance d'une passion, des supporters aux militants

Je vous l'ai déjà dit : à chaque fois que vous êtes spectateurs - j'allais dire «participants» - d'un spectacle, l'oeuvre représentée prend un sens plus profond et plus vif. Car lorsque le comédien accomplit convenablement sa tâche, quand l'auteur a fait la sienne, il reste encore ce troisième homme dont tout le monde dépend : le public.
Ne croyez pas que je vous loue complaisamment en vous écrivant que vous, présents et attentifs, vous nous avez fait comprendre le coeur lourd et généreux de Corneille et de Shakespeare. Oui il y a une attention et un silence qui pour le comédien jouant, sont les signes les plus sûrs du plaisir d'autrui. Que ce silence dont vous avez honoré nos représentations, alors que Rodrigue souffre ; que ces rires dont vous avez accompagné les pétulances de Falstaff soient pour nous un gage précieux ; n'en soyez étonnés.
Pour nous, organisateurs et artistes, le monstre sacré n'est pas sur la scène, il est de l'autre côté des lumières qui nous aveuglent : il est vous, quand vous êtes du public. Aussi longtemps ce festival sera, aussi longtemps votre présence est nécessaire.

Jean Vilar, lettre autographe au public, mai 1951.

Tout commence donc à l'automne 1953. Avignon est en ébullition depuis qu'à l'ouverture de sa septième édition, Jean Vilar a annoncé son intention de renoncer à diriger le Festival. Ce n'était d'ailleurs pas son coup d'essai : en 1951 déjà, il avait exprimé une telle menace, au prétexte fallacieux qu'on lui reprochait de «présenter pour la troisième fois Le Cid».
Bref, l'atmosphère est tendue entre le Comité du festival et son directeur ; le premier ne supporte pas que «la programmation soit imposée de Paris» ; le second n'entend pas «qu'on [lui] dicte ses choix, qui plus est de la part d'un Comité plus remarquable par sa paresse administrative que par l'ambition de ses choix artistiques». En coulisses, Vilar ne cache pas «être fatigué de sa double mission à la tête du TNP où [il vient] d'être nommé et à celle du Festival». C'est le clash ! Mais ce à quoi ne s'attendait pas Vilar, c'est que ledit Comité allait, cette fois-ci, accepter sa démission. Pas plus qu'il n'avait soupçonné que c'était le public qui allait s'y opposer !

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