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Date de saisie : 19/07/2012
Genre : Religion, Spiritualité
Editeur : Desclée De Brouwer, Paris, France
Auteur : Marie-Geneviève Missègue
Préface : Albert Rouet
Prix : 32.00 €
ISBN : 978-2-220-06459-8
GENCOD : 9782220064598
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Sorti le : 07/05/2012
Face à une humanité menacée par une désespérance récurrente, face à une humanité où les personnes et les choses sont des objets à consommer, face à une humanité se posant en démiurge grâce à des technologies surdéveloppées, face à la déchirure entre les riches et les pauvres, face à un Homme qui ne sait plus pourquoi il est homme et femme, que dire ? Où trouver le sens de l'Homme ? Dans les sciences ? Dans des théories comme celles du «gender» ? La question qui hante les hommes de tous les temps nous oblige à revenir à l'essentiel : Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Marie-Geneviève Missègue, pour sa part, nous propose, dans un parcours théologique, une vision de l'Homme, homme et femme, à déchiffrer et à construire. En partant des sources du christianisme et en s'appuyant tant sur les Pères de l'Église que sur des théologiens contemporains, elle nous ouvre une espérance pour l'a-venir de l'Homme.
Une réponse argumentée et saluée ici par Mgr Rouet.
Marie-Geneviève Missègue est docteur en théologie et en histoire des religions. Depuis plus de trente ans, ses travaux se sont concentrés sur le sens de l'Homme, homme et femme, tel que le porte le christianisme, soit en anthropologie théologique chrétienne, soit en anthropologie religieuse dans le cadre des grandes religions. Après L'avenir du prêtre, ce livre est le second tome de son triptyque.
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Extrait de l'introduction
La question du prêtre dans L'a-venir du prêtre a mis en exergue deux points capitaux qui, aujourd'hui, sont des questions pour nos contemporains et engagent la crédibilité du christianisme : le sens de l'Homme et le sens de l'Église. (Cette seconde question sera abordée dans L'a-venir de l'Église.)
La vision de l'Homme que portent, développent et défendent les sociétés européennes est intrinsèquement liée au christianisme. Quand bien même elle serait le fait d'une majorité de non-croyants, elle est une composante inamovible de la civilisation européenne dont les cultures diverses se sont façonnées en combinant un substrat de culture particulier avec le christianisme. Ainsi, la civilisation européenne a accouché des Droits de l'homme et du citoyen lorsque la société civile s'est approprié les valeurs chrétiennes comme étant d'elle-même et non plus comme celles d'une religion - même majoritaire en elle. Les valeurs fondamentales du christianisme devenues des droits appartiennent au domaine public - ainsi de la conception de l'Homme - et donc, elles peuvent être connues et crues sans être une adhésion à la foi chrétienne. Par contre, elles demandent à être reconnues dans leur source et protégées par les gouvernements des pays européens.
Quand bien même des courants non croyants ou opposés au christianisme se sont développés et coexistent avec la religion chrétienne, quand bien même d'autres religions ont pris place dans nos sociétés, si la civilisation européenne ne reconnaît pas ce qui l'a façonnée ou le nie, elle se saborde elle-même. C'est d'abord le savoir qui est touché : on ne connaît plus ses racines. Puis s'ensuit une perte de repères d'ordre et de sens. Car ces valeurs, appelées «droits», engagent une éthique, une praxis sociale et une politique particulières, c'est-à-dire des «devoirs». Si, par exemple, nous ne pouvons admettre que des femmes soient voilées, ce qui, pour notre culture signifie une négation de la personne, une atteinte à un des droits de l'Homme élémentaire, c'est donc un devoir pour les politiques de nos pays que de refuser ce comportement dans le domaine public. De même que tout Homme a droit au respect, qu'il ait n'importe quelle religion ou soit de n'importe quelle race et que les politiques ont le devoir de faire respecter ce droit, il est du ressort de nos gouvernements de faire respecter les devoirs du pays qui les accueille à ces Hommes dont la religion ou la race sont différentes. Si, dans une société, les droits ne sont plus équilibrés par des devoirs, c'est la porte ouverte à l'anarchie et, réciproquement si les devoirs prennent le dessus, c'est la porte ouverte à une dictature; l'une comme l'autre dépouillant l'Homme de sa responsabilité et finalement de son sens.
1) Qui êtes-vous ? !
Universitaire passionnée de recherche (Docteur en théologie et Docteur en Histoire des religions) ; Théologienne guidée par une pensée à renouveler sans cesse en la confrontant à toutes formes de savoir ; Peintre quand je le peux.
Très proche d'un univers dit agnostique, femme hantée par la vision de Dieu et l'amour de l'Humanité ; mon parcours atypique m'a fait connaître bien des milieux.
Ce livre est le second tome d'une trilogie intitulée «Des maux de l'Église à ses mots d'espérance». Le premier replace la question du prêtre dans l'ensemble de la problématique à laquelle est confrontée l'Église d'aujourd'hui, notamment la question hommes et femmes. Le dernier tome, à paraître, traitera du sens de l'Église dans sa dimension humaine et spirituelle.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
La beauté de l'Homme, homme et femme. Rappeler le sens de cette Humanité telle que la porte le christianisme dans son fondement et qui appartient à la culture européenne, aux croyants comme aux non-croyants. Une Humanité intimement reliée à Dieu comme son en-deçà et son au-delà, dans une expérience fondamentale d'intériorité qui n'est en rien asexuée mais qui bien au contraire s'exprime toujours dans l'expérience des sexes jusque dans les corps. Car il n'est pas d'expérience d'amour qui n'exige un féminin et un masculin pour l'Homme ainsi qu'une expérience spirituelle (de l'Esprit) où se lit le Visage d'un Dieu Tout-Amour révélé en Jésus-Christ.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
L'Homme, créé par Dieu, est à l'image de Dieu dans sa structure même : unité de deux êtres liés par celui qui est Esprit d'amour au Coeur de Dieu. Communauté d'amour où la différence et la complémentarité sont gage d'unité, l'égalité gage de vérité. Dévaloriser la femme, c'est dévaloriser l'homme ; hiérarchiser l'un par rapport à l'autre, c'est nier l'Homme et nier Dieu. Leurs actes de vie l'un avec l'autre engagent Dieu et l'Humanité.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une sonate. A cause de sa structure ternaire (homme et femme habités par un même Esprit) à deux mouvements (féminin et masculin) ; Une sonate pour clavecin à cause des notes cristallines qui s'en élèvent ; une sonate qui pourrait être cantate avec choeurs d'hommes ou de femmes et les deux ensemble communiés dans une même mélodie ; une sonate où les mouvements piano succèdent aux allegretto... avec des passages du mineur au majeur... à l'instar de la vie des couples.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La réflexion sur le sens de l'Homme et le sens de Dieu, sur cette Humanité intrinsèquement masculine et féminine et intrinsèquement spirituelle. Car l'a-venir du monde (et de l'Église !) est en question, à commencer pour les enfants. Car la reconnaissance d'un homme fait pour la femme et d'une femme faite pour l'homme dans leurs êtres entiers (sans hiérarchie entre eux) et la reconnaissance d'un Infini en eux fondent leur potentialité à être homme ou femme pour le prochain ; que ce soient les autres Hommes ou les animaux ou toute la nature. C'est dans cette alchimie de l'homme avec la femme, dans la différence, que résident les racines de l'amour et du respect infini de l'Autre.