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.. Le mensonge d'Alejandro

Couverture du livre Le mensonge d'Alejandro

Date de saisie : 13/06/2014
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : MA éditions, Boulogne-Billancourt
Auteur : Bob Van Laerhoven

Prix : 17.90 €
ISBN : 9782822403016
GENCOD : 9782822403016 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 07/05/2014

 
 
4ème de couverture

Terreno, Amérique du Sud, 1983. Après dix années de dictature, la junte du général Pelarón semble vaciller. Alejandro Maldiga, guitariste du poète et chanteur populaire Victor Pérez qui a été exécuté par le régime, quitte la sinistre prison baptisée «La Cène». La résistance cherche de nouveau à attirer Maldiga dans ses rangs, mais Alejandro a changé.
Dévoré par la culpabilité - il se sent responsable de la mort de son ami Pérez -, Maldiga devient involontairement le centre d'un réseau d'intrigues dramatiques qui mèneront à une catastrophique rébellion populaire.

NOTE DE L'EDITEUR : Roman d'amour, thriller et analyse des mécanismes de la dictature, Le Mensonge d'Alejandro brasse tous ces thèmes. Le Terreno symbolise tous les régimes dictatoriaux d'Amérique latine dans les années 1970 et leurs méthodes de répression qui ont, hélas, toujours cours. Avec sa verve habituelle, Bob Van Laerhoven nous entraîne les arcanes d'un monde de la révolte, de la violence et de la corruption et nous donne une radiographie d'une époque qui est aussi la nôtre.

L'AUTEUR : Bob Van Laerhoven est né le 8 août 1953 sur les terres sablonneuses de la Campine anversoise. Un pays de gens rustres et têtus, selon le cliché. Dès la publication de son premier ouvrage en 1985, il s'affirme rapidement comme un écrivain aux talents multiples, à la fois auteur de romans, de récits de voyages, de livres pour enfants, de pièces de théâtre, de biographies, de recueils de poésie, d'essais et d'ouvrages de non-fiction.
Le Mensonge d'Alejandro est le deuxième de ses romans traduit en français et publié chez MA éditions, après La Vengeance de Baudelaire.

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Passage choisi

«Fin a la Censura»

Pour tous ces assassins qui nous assaillent,
notre sang est une médaille
conquise sur l'éternité.
Requiescat in pace.

Un couplet d'une des dernières chansons de Victor Pérez, l'ami torturé à mort, tarabustait Alejandro Maldiga en ce mercredi 19 octobre 1983, alors que, à moitié ivre, il suivait des yeux une manifestation à Valtiago, la capitale du Terreno. Ce rassemblement avait été annoncé avec force tapage comme «une vigoureuse expression de la volonté populaire». Tout en effets de manche, des orateurs assuraient aux manifestants que Le Peuple - les majuscules descendaient comme une manne sur la foule - finirait par l'emporter sur la junte du général Pelarón. Alejandro Maldiga trouvait cette rhétorique boursouflée particulièrement comique : «La porte de la démocratie promise par le général Pelarón, nous allons la forcer épaule contre épaule !» Partagé entre un sentiment d'amusement, une sensation de tristesse et de la peur, Maldiga fit un geste comme pour s'apprêter à prendre congé du défilé.
- Je croise les doigts pour vous, têtes de buse, marmonna-t-il à voix haute, une façon de s'exprimer qui lui était coutumière depuis les longues années qu'il avait passées à l'isolement.
Les magasins cossus de l'Avenida General Pelarôn, en principe pleins d'animation et aussi colorés que des perroquets, revêtaient ce jour-là le même aspect terne que la cordillère des Andes au-delà de la ville. Au bout de l'artère arrivaient des fourgons noirs aux vitres blindées. Alejandro Maldiga se réfugia sur une terrasse déserte qui, à cette heure, était habituellement prise d'assaut par des employés de bureau. Un tank des forces de l'ordre se mit en travers de la chaussée.
Bien que Maldiga ait été une décennie plus tôt le guitariste fêté d'Aconcagua, ce groupe populaire dans toute l'Amérique du Sud, il n'avait guère envie de participer à la marche de protestation. Les manifestants agissaient en écervelés : au contraire de ce que clamaient les orateurs, la junte qui dirigeait le Terreno depuis dix ans ne chancelait pas. Au cours des derniers mois, le régime militaire avait mis deux ou trois gouttes d'eau dans son vin pour atténuer son apparence dictatoriale, mais Maldiga était convaincu qu'il ne s'agissait là que d'une mascarade. La crise économique et le mécontentement croissant de la population venaient de pousser le général Pelarón à déclarer à la télévision qu'il «ouvrirait en temps utile et de manière responsable la porte menant à la démocratie». À la suite de ce discours, l'opposition - une mosaïque pittoresque de groupuscules dont chacun ne manquait pas une occasion de boire le sang des autres - était donc descendue dans la rue comme si la victoire lui avait tendu les bras. Maldiga était persuadé que Pelarón avait fait une telle promesse pour voir ses adversaires se montrer au grand jour, après quoi il n'aurait plus qu'à les cueillir à coups de matraque dans l'intérêt de la «paix nationale».
Il s'apprêtait à déguerpir. Ses yeux l'arrêtèrent. Ce qu'ils voyaient était sans aucun doute un mirage, un miroitement dans la vapeur qui s'élevait des flaques laissées le matin par une averse printanière. Un tour que lui jouait son imagination qui, pendant des années, entre les quatre murs d'une cellule, avait eu le champ libre.

 
 
Courrier des auteurs (en partenariat avec Fnac.com et lechoixdeslibraires.com)


1) Qui êtes-vous ? !
Je suis un auteur flamand professionnel qui va essayer, comme signe de courtoisie, de répondre à vos questions en français. Je m'excuse en avance pour mes erreurs éventuelles. Le français est une langue très élégante, mais pas facile pour les étrangers.
Aux Pays-Bas et en Flandres, j'ai publié plus de trente livres, principalement des romans, pour la plupart dans un genre que l'on appelle le «cross-over» dans les pays anglophones. Ce sont des romans qui essayent de réunir la littérature et le roman à suspense. De Wraak van Baudelaire, un «cross-over», a gagné en 2007 le prix Hercule Poirot. La Vengeance de Baudelaire, la traduction française, est publiée en France par MA Éditions et au Canada par les éditions Pratiko. Baudelaire's Revenge, la traduction anglaise, paraîtra aux États-Unis en avril, chez Pegasus Books New York. Des traductions russe et italienne sont en cours. Le Mensonge d'Alejandro, traduction française de Alejandro's leugen, est donc mon deuxième livre qui paraîtra en France et en Canada.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le Mensonge d'Alejandro se déroule dans une dictature sud-américaine fictive, appelée Terrena, des années soixante-dix et quatre-vingt du 20ième siècle. Terena symbolise les junta du Chili, de l'Argentine et de Bolivie dans cette période et aussi les méthodes de terreur qui sont utilisées dans les dictatures contemporaines comme la Syrie. Le roman est le mélange d'une histoire d'amour non conventionnelle, d'un roman à suspense et d'une analyse des mécanismes derrière une dictature. On y trouve plusieurs références à des personnages historiques, comme par exemple le fameux chanteur contestataire chilien Victor Jara (dans le livre, il est appelé Victor Pérez). Le terrible «Stade de Football de la Mort» où, sous le règne du Général Pinochet, sont commis des terribles massacres, y joue également un rôle important.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Dans la chaleur étouffante du stade plein à craquer, les parents guettaient anxieusement la visite de El Enmascarado : s'il choisissait leurs enfants, c'était le signe qu'ils étaient eux-mêmes condamnés à mort.» (traduction de Marie Hooghe)

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Te recuerdo, Amanda : la musique de Victor Jara joue un rôle décisif dans le roman.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Que la démocratie est vulnérable. Que le pouvoir absolu d'un dictateur est nécessairement toxique et corrompu. Que les personnes qui appartiennent à une certaine idéologie ou organisation rigide - des militaires, des miliciens, des fanatiques de l'extrême gauche ou l'extrême droite, des fanatiques religieux- n'hésitent pas à utiliser la violence meurtrière pour atteindre leur but. Que toute révolution porte en soi les racines pour un retour possible d'une autre dictature. Et enfin que, parfois, l'amour surpasse l'angoisse.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Tous mes romans sont une «plongée dans le néant». Je ne sais jamais quand l'inspiration vient ou me quitte. Parce que je suis un écrivain professionnel depuis presque 20 ans, je peux écrire quand «le moment» est là. Toutes les heures de la journée ou de la nuit sont bonnes. C'est parfois un peu déstabilisant, mais je me suis habitué. J'ai un bureau chaleureux avec beaucoup de souvenirs du temps où j'étais un écrivain-voyageur (pendant 13 années et souvent dans les pays en guerre). Pas de musique, mais mon bureau fait face à une grande prairie où se trouvent notre quatre chevaux, nos «princesses aimées».

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Les sources viennent de partout. Un romancier doit posséder une «antenne» pour des sujets, des personnages, des situations, des détails (les détails sont nécessaires à l'atmosphère d'un livre.) L'esprit ne doit pas fonctionner que par l'inspiration, la conscience est indispensable. Souvent je trouve mes idées en jouant avec nos chevaux par exemple.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
C'est étonnant qu'un garçon de treize ans, issu d'une famille pauvre et sans culture de la lecture, se disait : je veux devenir un romancier. Mais voilà...

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
En lisant Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire quand j'avais 17 ans. Et le choc a été si grand que, 26 ans plus tard, j'ai écrit La Vengeance de Baudelaire.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Nous vivons dans une société qui va avec une vitesse folle. Lire un roman, c'est s'attarder sur le fait que les histoires, les récits, nous rappellent aux racines de qui nous sommes : des êtres qui rêvent, des êtres qui s'efforcent, qui cherchent leur propre âme, des êtres tragiques qui essayent de s'élever au-dessus d'eux-mêmes. Les écrivains mettent ce combat en miroir.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Les librairies sont les trésors de nos espoirs, de nos désirs, nos rêves, notre intelligence, notre beauté et de notre laideur. J'ai besoin d'errer dans une librairie à la recherche de perles que je ne connaissais pas.

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