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.. Les cultures du déplacement : séminaire du 14-16 juin 2012, Université de Nîmes

 
 
4ème de couverture

Qu'y a-t-il de commun entre les migrations, les voyages touristiques, les déplacements professionnels, et les autres formes de mobilité propres à la société contemporaine ? Au-delà de la fragmentation croissante des champs de recherche associés à ces phénomènes, peut-on parler de logiques communes ou au contraire de différences notables ? La notion de «culture du déplacement» étudiée dans cet ouvrage focalise l'attention à la fois sur les requalifications des lieux et des territoires, et sur les phénomènes de mobilité. Elle s'inscrit dans une réflexion globale sur l'identité au sein des processus migratoires ou diasporiques tout autant que des déplacements touristiques ou professionnels. Réflexion qui subvertit le paradigme identitaire des concepts d'enracinement, d'origine, de pureté, et les remplace par ceux de flux, de métissage ou de rhizome...

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Passage choisi

INTRODUCTION LES CULTURES DU DÉPLACEMENT

Laurent Sébastien FOURNIER, Claude CHASTAGNER, Catherine BERNIÉ-BOISSARD, Dominique CROZAT

Qu'y a-t-il de commun entre les migrations, les voyages touristiques, les déplacements professionnels, et les autres formes de mobilité propres à la société contemporaine ? Au-delà de la fragmentation croissante des champs de recherche associés à ces phénomènes, peut-on parler de logiques communes ou au contraire de différences notables ? La notion de «culture du déplacement» étudiée dans cet ouvrage focalise l'attention à la fois sur les requalifications des lieux et des territoires, et sur les phénomènes de mobilité. Elle s'inscrit dans une réflexion globale sur l'identité au sein des processus migratoires ou diasporiques tout autant que des déplacements touristiques ou professionnels, réflexion qui subvertit le paradigme identitaire des concepts d'enracinement, d'origine, de pureté, et les remplace par ceux de flux, de métissage ou de rhizome. C'est l'idée même d'une transmission verticale (générationnelle) de la culture qui est ainsi bousculée par une logique horizontale de contiguïté, de porosité, de dispersion, de processus symbiotique, d'effacement des frontières et des hiérarchies entre la périphérie (ou la marge) et le centre, lui-même démultiplié. De façon croissante, ce sont en effet des métaphores empruntées au déplacement, au voyage, qui informent la compréhension des phénomènes culturels et identitaires. Pour comprendre ces transformations dans les manières de conceptualiser de tels phénomènes, la «culture du déplacement» est abordée ici dans une double dimension : à travers son vécu culturel par des individus et des groupes de plus en plus mobiles d'une part, à travers les processus d'organisation et de construction qui lui sont associés d'autre part.

L'ambivalence de la relation entre et autour de territoires centrés - pour qui, contre toute attente, on continue d'invoquer et d'inventer le genius loci -, amène à s'interroger sur la grande fracture entre «territoires» et «déplacements» qui perturbe depuis longtemps la pensée du monde par l'homme, qu'on la nomme au moyen d'un doublet nomade/sédentaire sans grande pertinence, qu'on invoque une société d'archipels, ou qu'on proclame la nomadisation généralisée versus le retour des territoires. Le débat n'est pas nouveau : malgré les énormes mouvements de population suscités par la seconde guerre mondiale, Jean Gottmann proposait d'adopter la notion de cloisonnement de l'espace comme moteur des dynamiques spatiales. Il opposait la circulation et l'iconographie comme ressorts de l'évolution des sociétés spatialisées. La première est facteur de déstabilisation, d'innovation, de changement. La seconde est un ensemble de symboles et représentations destiné à donner unité à un groupe humain localisé : il s'agit de «l'idéel» de Godelier, que reprend Di Méo comme principe fondateur du territoire. Ce corpus commun, fondement de la culture face à l'irruption du barbare, doit fournir une capacité de défense des sociétés stables pour résister à la circulation.

Deleuze et Guattari reprennent aussi cette conception d'un monde binaire dans leur Traité de nomadologie. Cet inusable recours au mythe du nomade, dont la naïveté apparait aujourd'hui datée alors que, chaque armée, le seul tourisme génère un milliard de déplacements internationaux, l'est peut-être moins que d'autres productions plus récentes car il règle les relations entre nomades et sédentaires en assignant à chacun sa part, et en réglant la communication entre les parts. A la suite de Virilio, Deleuze et Guattari pointent l'opposition entre une «économie de la violence» originelle du sédentaire, face à celle plus conjoncturelle du nomade. Avec le nomadisme, on habite vraiment un territoire car on «le hante». De même, «on ne représente pas, on engendre et on parcourt» dans une logique qui est celle de la ressource, imaginée comme mouvante dans une économie pastorale.

Dans un tel cadre, cet ouvrage se situe dans la continuité des précédents où nous avions questionné le lien entre patrimoine, identité et territoire. Mais il constitue en même temps une critique radicale et définitive des modèles trop simples hérités de Gottmann et d'autres, puisque les auteurs rassemblés ici proposent de considérer que la mobilité participe également à la création d'un corpus de symboles et représentations territoriales qui, souvent, font même de la circulation une territorialité spécifique.

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