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.. Possessions

Couverture du livre Possessions

Date de saisie : 01/08/2017
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Inculte-Dernière marge, Paris
Auteur : Damien Aubel

Prix : 15.90 €
ISBN : 9791095086451
GENCOD : 9791095086451 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 30/08/2017

 
 
4ème de couverture

«L'histoire de ma vie divine a commencé lorsque j'ai été nommé - condamné, relégué, seraient des mots plus exacts - dans la ville de M***.»

Un jeune universitaire a connu une singulière métamorphose : il est devenu un dieu. Dans un monologue d'une hilarante méchanceté et d'une inquiétante étrangeté, plein de colère et de visions hallucinées, il raconte les étapes de la déchéance qui l'a mené à cette mutation. Jusqu'à basculer dans le crime le plus atroce. Avec un humour grinçant, ce journal d'un fou dépeint tour à tour une province chabrolienne, confite dans son ennui, et la métropole parisienne déshumanisée qui n'est pas plus apte à juguler l'angoisse. Partout, le chaos affleure sous la surface des choses. Et lorsqu'un journaliste local découvre le manuscrit laissé par le criminel, lui-même est partagé devant le document : est-ce là simplement le pur délire d'un paranoïaque ? Ce roman noir, à tous les sens du terme - celui de la série noire, du romantisme noir et de l'humour noir -, renoue avec la tradition qui lie la Littérature et le Mal, celle de Bataille, d'Artaud ou de Kafka. Il décrit un monde paradoxal, où le fantastique se tient en lisière de notre réalité et où l'aliénation spirituelle contient le germe de la violence.

Damien Aubel est né en 1976. Il vit et travaille à Paris où il est critique littéraire, et de cinéma, pour le magazine Transfuge. Il aime penser que la littérature reste une pratique magique, et qu'elle échappe ainsi à l'esprit de sérieux. Possessions est son premier roman.

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Passage choisi

M***

En vérité je le dis :
Leurs pupilles sont éteintes, leurs tympans crevés, leurs âmes...
Leurs «âmes» ?
Les hommes : aveugles, sourds, paralytiques de l'esprit.
Incapables de reconnaître les dieux, quand ils marchent parmi eux. Ou plutôt quand ils donnent l'apparence de marcheurs à leur nature éminente, irréductible à la contexture grossière du derme et des os, mal traduisible par la pauvreté du répertoire des gestes et des mouvements humains.
Et quand ils pressentent cette autre vie égarée au milieu de la leur (la leur : étroite, mal vécue, simulacre tout au plus d'existence), les hommes sont confusion et crainte.
Leur peur, leur haine quand ils sentent le dieu.
Alors ils ont recours aux seuls remèdes que leur lâcheté leur autorise, ces ombres affairées, grouillantes, inaptes au combat : les expédients habituels de l'ignorance. Eux, les aveugles, les sourds, les paralytiques de l'esprit, se ferment encore plus au divin.
Tentent d'assombrir Son éclat - oubliant qu'il brillera toujours.
Tentent de faire taire Sa parole - oubliant qu'elle retentira toujours.
Tentent d'anesthésier Son esprit - oubliant qu'il n'est jamais que provisoirement assoupi. Cela, ils me l'ont fait.
À leur manière, menue et mesquine comme eux, ils ont voulu me corrompre.
Je veux dire par là que j'ai reçu de leurs mains ces colifichets à peine honorifiques, ceux qu'ils décernent pour mieux les museler aux vivants supérieurs avec des sourires de plâtre, des mots pleins d'air, un effroi mal nommable dans leur coeur.
Qu'ils m'ont versé ces petites gouttes d'opium qu'ils nous dispensent pour, justement, se dispenser de nous autres, les divins.
Leurs «distinctions», leurs «promotions», leurs «nominations» : des jouets. Des jouets pervers, pour mieux humilier les dieux, pour mieux m'humilier, en espérant que, repue de tant d'insignifiantes offrandes, ma nature, apaisée, s'engourdirait.
S'oublierait, devenue à son tour aveugle, sourde et paralysée.
Les inconscients ! Les sacrilèges !
Qui pouvait m'empêcher d'être ce que j'étais ?

Pourtant, je partais de très loin - de très bas.
Je suis, ou plutôt j'étais, ce qu'on appelle un intellectuel, terme outrageant pour le véritable Intellect, pour l'esprit majuscule qui seul comprend et se trouve éloigné de la pensée des hommes, cette pensée morte, d'autant qu'un astre rayonnant l'est d'une morne planète sans feu intérieur - mais à l'époque, je ne faisais pas la distinction.
J'étais accablé par cette stupeur propre à la race des terriens.
Oui, j'étais comme eux, ces moins-qu'existants, moi aussi, j'étais comme tous les autres, avant mon apothéose (le mot fait rire la foule épaisse des déjà-morts, les non-initiés qui usurpent la vie, tant ils n'y sont que des ombres qui s'y meuvent sans substance, mais il n'y a pas de quoi rire, il y a plutôt lieu de trembler et de révérer), et cette partie-là de ma vie, partie terrestre au sens le plus ras, le plus bas, du terme, je la partageais avec le reste du monde.
(...)

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