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Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Arthaud, Paris, France
Auteur : Yves Paccalet
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-7003-9665-2
GENCOD : 9782700396652
De Yves Paccalet - 02/09/2006
Yves Paccalet - 22/08/2006
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L'humanité disparaîtra, bon débarras ! est un essai d'humour écologique noir... Notre avenir est aussi bouché que celui des dinosaures ! Yves Paccalet assume sa rage et nous met face à nos responsabilités dans la destruction de notre planète, face à notre propre perte. L'espèce humaine est condamnée à l'extinction pour une raison simple : elle provoque des changements irréversibles de son environnement, aussi destructeurs que ceux des météorites des ères Primaire et Secondaire, qui anéantirent 80 % des espèces... Peut-on encore espérer que l'Homo Sapiens acquière enfin la sagesse dont il se rengorge, alors que toutes les grandes questions (pollutions, saccages des terres et des mers, climats déréglés, nouveaux virus...) sont méprisées ; qu'intérêts et profits immédiats priment, que bagarres pour le fric et le pouvoir l'emportent.
D'où vient cette folie suicidaire ? De ce que l'homme est un grand singe égoïste qui obéit à trois pulsions : sexuelle, territoriale et hiérarchique. Sa soif de domination le pousse à toutes les absurdités, à la guerre et au culte du «toujours plus».
L'humanité disparaîtra... Guerre nucléaire, ozone, climats en folie, empoisonnement de l'air et de l'eau, nouvelles maladies... Tout cela sera très rigolo. Et après ? Rien... La vie reprendra, elle créera de nouvelles espèces jusqu'à ce que le Soleil brûle définitivement la planète, dans un milliard d'années. Bon débarras ?...
Yves Paccalet, né en Savoie en 1945, philosophe, écrivain, naturaliste de renom, est l'auteur de deux encyclopédies et d'une vingtaine de livres. Il publie des romans, des essais, des livres illustrés, et collabore à de nombreuses revues. Parmi ses dernières parutions, on compte : La France des légendes (Flammarion, 2002), Mystères et légendes de la mer (Arthaud, 2004), L'École de la nature (Hoëbeke, 2004), Extrême Sud (Arthaud, 2005) et Forêts de légende (Flammarion, 2005).
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J'ai essayé de me cramponner à mes espérances écologiques, telle la moule à son rocher pendant une tempête de force dix. Je voyais bien que les biotopes étaient de plus en plus pollués, les mers pillées, les forêts dévastées, les marais asséchés, les montagnes bétonnées, la biodiversité ruinée, l'esprit de la Terre bafoué, souillé, violé, assassiné. Je continuais de sourire pour ne pas avoir à en pleurer.
Pendant trente ans j'ai entretenu des illusions -pour les autres comme pour moi-même. J'ai tenté de dénicher des raisons de garder confiance en l'homme; de continuer à croire en son futur. J'en ai même rajouté dans le registre béat. J'ai proclamé que tout est possible, y compris le meilleur. «L'espèce humaine, ai-je argumenté, est sensible, sociable, solidaire et généreuse. Elle a un gros cerveau et un coeur. Elle est intelligente et créatrice. Sa science et sa morale la sauveront. La gravité de la situation apparaît à tout le monde : par conséquent, les remèdes seront administrés. La prise de conscience écologique s'effectue, le consommateur change : les décideurs (le politicien, l'industriel, vous et moi) ne peuvent qu'en tenir compte. Au pis, l'éducation permettra aux jeunes générations de finir le travail que les anciennes ont négligé.»
Voilà trente ans que je m'efforce de croire à ce discours ou à cette utopie, et d'en persuader les autres. Mais le temps a dissous mes ultimes espérances. Pour résumer, je suis excédé. J'en ai assez de jouer les don Quichotte en bataille contre les raffineries de pétrole et les centrales nucléaires (les moulins à vent m'auraient mieux convenu : l'énergie éolienne est propre et renouvelable). Je suis écoeuré des paroles généreuses qui s'envolent et des textes lucides qu'aucun acte ne conclut. Je suis fatigué des bonnes décisions qui s'enlisent dans les sables mouvants des passe-droits, des coups de bourse et des profits illicites. J'en ai par-dessus la tête des projets subtils que l'avidité de quelques-uns tue dans l'oeuf ou étouffe à la naissance. J'en ai marre de la perpétuelle dictature des intérêts individuels, familiaux, corporatistes, religieux, communautaires ou nationaux; du je-m'en-foutisme et de l'hypocrisie; de la bassesse ordinaire; de l'égoïsme général (je me range, évidemment, sous l'adjectif «général»). J'en ai ma claque des promesses la main sur la poitrine, dont on sait qu'elles n'engagent que les imbéciles qui les croient.