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Genre : Sociologie, Société
Editeur : Fayard, Paris, France | Plon, Paris, France
Auteur : François de Closets
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-213-62938-4
GENCOD : 9782213629384
De François de Closets - 06/08/2006
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Le chômage, la précarité, les dettes à rembourser, les retraites à payer, les soins à assurer, c'est l'héritage que les baby-boomers transmettent à leurs enfants. Après avoir reçu en partage une France prospère et championne de la croissance, notre génération laisse une France défaite. Comment en est-on arrivé là ?
Vingt-cinq ans après l'extraordinaire succès de Toujours plus !, le livre qui avait révélé à un public stupéfait l'ampleur des inégalités générées par notre modèle social perverti, François de Closets a refait l'enquête. En explorant les privilégiatures de la France protégée et la misère de la France exposée.
L'écart est devenu effarant entre les gagnants et les perdants. Les premiers ont prospéré à l'abri de la crise, les seconds sont pris dans la tourmente de l'insécurité mondiale. Plus grave : les privilèges des uns ne sont maintenus qu'au détriment de la sécurité des autres. Et d'abord celle de la jeunesse, ce nouveau prolétariat.
Cette analyse implacable, nourrie d'informations foisonnantes, fera grincer bien des dents, et notamment du côté des grands patrons salariés, premiers bénéficiaires des nouvelles privilégiatures. Mais il apportera aussi un souffle d'espoir à tous ceux qui, au-delà des guerres idéologiques, veulent se mettre au travail pour rendre à nos enfants l'avenir qu'on leur a volé.
François de Closets est journaliste et écrivain. Il est producteur et animateur des Grandes énigmes de la science sur France 2. Il est notamment l'auteur de Toujours plus ! (1982), Le Compte à rebours (1998), La Dernière Liberté (2001) et Ne dites pas à Dieu ce qu'il doit faire (2004).
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Ça n'arrive qu'aux riches.
Les Français détestent les finances publiques. Ils adorent les débats idéologiques, politiques, intellectuels, mais ils sont brouillés avec les chiffres. À l'opposé des Américains, qui valorisent leurs propos par la référence au dollar, ils dévalorisent les leurs par la référence à l'euro. Cette réduction du réel à sa contrepartie monétaire rassure le premier, mais frustre le second, qui refuse cette grossière quantification. Ce n'est que «le point de vue comptable», une vision sommaire et prosaïque qui se veut réaliste alors même qu'elle détruit le sens. La carte, dit-on, n'est pas le territoire, le budget n'est pas davantage le pays.
La France s'est peu à peu installée dans le déni budgétaire. Celui qui en rappelle les contraintes n'est qu'un triste sire soumis aux lois des marchés financiers, et, à l'inverse, celui qui prétend s'en affranchir passera pour un humaniste chaleureux. Ainsi euphorisée, l'opinion publique s'est détournée des additions pour se focaliser sur les revendications. Quant à la vie intellectuelle, elle se déploie dans un empyrée dégagé des viles contingences, une pensée qui n'est plus retenue par les chiffres, ces horribles clous de la réalité.
Serions-nous condamnés à ces visions alternatives, qui tantôt réduisent le monde à sa projection comptable, tantôt prétendent libérer l'avenir de ces contraintes budgétaires ? Ici un rapport qualité/prix et là un produit bonheur-espérance. Certainement pas. La finance n'a pas à dicter sa loi, à dire ce que nous devons faire, elle détient seulement un droit de veto, elle nous dit ce que nous ne pouvons pas faire. Une vérité dépassée, semble-t-il, selon nos maîtres à penser. Fort peu versés en économie - Raymond Aron n'a décidément pas eu de successeur -, ils rebâtissent le monde et tranchent du politique sans nulle considération pour ces comptes d'épicier. Eux se consacrent à la valeur des êtres, quand le vulgaire observe le prix des marchandises.