Amis lecteurs, pour chaque livre présenté sur passagedulivre.com, nous valorisons, depuis juin 2006, un passage choisi au coeur de l'ouvrage, ou dans les éventuelles préfaces ou introductions. Ces passages, associés aux quatrièmes de couverture, sont repris par le site www.fnac.com, partenaire de passagedulivre.com, dans la rubrique "Les mots de l'éditeur". Bonne lecture à tous.
Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous, pour répondre à vos questions : la foire aux questions.
Date de saisie : 26/01/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Gallimard, Paris, France
Auteur : Stéphane Audeguy
Prix : 17.50 € / 114.79 F
ISBN : 978-2-07-077724-2
GENCOD : 9782070777242
" On n'a plus eu de ses nouvelles depuis ce temps-là, et voilà comment je suis demeuré fils unique", écrit dans ses Confessions Jean-Jacques Rousseau en évoquant son frère aîné, ce François Rousseau contraint de quitter Genève où les choses pour lui avaient mal tourné. Jean-Jacques tenait François pour un polisson et un libertin. Ce dernier apparemment ne l'a jamais démenti, qui n'a pas jugé nécessaire de nous laisser récit de sa vie. Il m'a semblé intéressant de remédier à cette négligence.
S. A.
Stéphane Audeguy vit à Paris. Il enseigne l'histoire du cinéma et des arts dans un établissement public des Hauts-de-Seine. Il a publié en 2005 son premier roman, La théorie des nuages, chez le même éditeur.
Commander ce livre sur Fnac.com
J'ai résolu d'écrire ici l'histoire de ma vie en disant tout uniment les choses, comme je les ai vécues, sans en rien retrancher. J'ai su quelle terrible devise tu t'étais choisie, Jean-Jacques : vitam impendere vero. Soumettre sa vie à la vérité... Pour cela tu as vécu dans une solitude que je n'aurais jamais pu endurer. J'ai trop aimé la compagnie des femmes, et la société des hommes : deux mondes où l'on doit mentir aux autres, si l'on ne veut pas se mentir. Mais je ne crois pas avoir été indigne de toi en soumettant la vérité à ma vie.
Je me nomme François Rousseau. Celui qu'hier on a pensé honorer en le couchant entre Descartes et Voltaire dans la crypte du Panthéon naquit sept ans après moi. Tu avais onze ans quand je quittai notre pays natal pour n'y plus jamais revenir. Puis-je prétendre te mieux connaître que ceux qui t'enterrèrent hier ? Je le crois. Nous n'étions d'abord frères que par les hasards du sang, lesquels ne valent guère plus que le peu de foutre qui les cause; mais, je le dis hautement, j'ai conquis par mon existence le droit de m'adresser à toi. Quant à l'idée de composer le présent mémoire, voici comment elle me vint. Un ami me prêta le volume premier de tes Confessions, qui venait de paraître. Le titre m'en déplut, parce qu'il puait la sacristie et l'encens refroidi. Pourtant je lus l'ouvrage d'une traite, mais non sans un vif agacement : sur la scène immense de ton orgueil tous les personnages de ta vie paraissaient en figurants, des plus illustres aux plus humbles. Quant à ton frère François, tu ne le mentionnais que trois ou quatre fois. Pour un homme qui prétendait dire la vérité entière, tu te faisais d'elle une image bien singulière; à telles enseignes que je pensai qu'il serait plaisant d'administrer à ces pompeuses confessions la correction qu'elles méritaient. Puis j'eus mieux à faire qu'écrire, et me voici parvenu à la fin de ma vie : j'écrirai maintenant, ou jamais.
De Stéphane Audeguy - 07/11/2006
Stéphane Audeguy - 30/08/2006
Télécharger le MP3
De Xavier Clion - 21/12/2006
Xavier Clion - 21/12/2006
Télécharger le MP3