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.. Le temps et la paille

Couverture du livre Le temps et la paille

Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Presses de la Cité, Paris, France
Auteur : Jean Anglade

Prix : 20.80 € / 136.44 F
ISBN : 978-2-258-06845-2
GENCOD : 9782258068452

 
 
Le podcasting des écrivains

De Jean Anglade - 16/09/2006
Jean Anglade - 14/09/2006

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4ème de couverture

"Avec le temps et la paille, dit un proverbe, les nèfles mûrissent. " Il était donc une fois Jacques Saint-André, fils de forgeron, sa naissance à Ferrières-sur-Sichon, aux confins de l'Allier, du Puy-de-Dôme et de la Loire, ses études pour devenir professeur, son mariage d'amour avec Henriette, leurs trois enfants. Mais, à plus de quatre-vingts ans, le vieil homme est veuf, abandonné de sa progéniture, seul. Aidé par Théo, son jeune voisin, il recourt à Internet afin de se faire adopter comme grand-père. Il reçoit plus de cinquante réponses... Une petite merveille littéraire qui évoque avec drôlerie, sensibilité et originalité la solitude des personnes âgées. Un roman plein d'espoir.

Jean Anglade est l'un des auteurs phares de la collection Terres de France, pour laquelle il a toujours su honorer sa région natale, l'Auvergne. " Héritier spirituel " d'Alexandre Vialatte, autre grand auteur auvergnat, il a écrit plus de quatre-vingts ouvrages. On lui doit notamment aux Presses de la CitéLa Soupe à la fourchette, Les Puysatiers et L'Ecureuil des vignes.

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Passage choisi

Chacun avait sur la poitrine un écriteau : Rebelle avec port d'arme et aux commandements de justice. Le plus enragé s'appelait Gaspard Fradin, surnommé le Nioque (l'Imbécile).

Voilà donc le pays où je suis né. Ne sachant guère qui j'étais. D'où je venais. A quoi j'étais promis. Auvergnats et Bourbonnais s'envoyaient des dictons à la figure : «Bourbonnichons, gilets de velours, ventres de son... Qui d'Auvergne vient, que du vent n'apporte rien.» Pures médisances. Je n'ai jamais vu de Bourbonnais en gilet de velours ; et chaque fois que ma grand-mère, ma Grande Annette, venait nous voir de Châteldon (elle faisait une halte à Lachaux, chez son fils Augustin le sabotier, y mangeait la soupe, repartait à l'aube suivante), elle ne manquait jamais de nous apporter quelque chose, ne fût-ce qu'un fromage de ses chèvres ou un panier de pommes. De ces luisantes, savoureuses, qui traversent l'hiver et le printemps d'après sans rien perdre de leur suc. Leur nom est «pommes de Comte» ; ma Grande, un peu dure d'oreille, les appelait innocemment «pommes de Cons». Tout le monde lui en faisait compliment :
- Les pommes de Cons, Grande, sont les meilleures du monde.
- Exactement celles qui nous conviennent. Annette ne comprenait pas les rires étouffés. Il faut
dire qu'en Auvergne la pomme est une valeur sûre. Elle se vendait naguère à la douzaine, comme les oeufs, ou bien au quarteron qui est le quart de cent. Un jour qu'elle en avait apporté une panerée au marché de Châteldon, un «leveur», c'est-à-dire un grossiste venu de Vichy, lui acheta le tout après avoir posé le panier sur sa bascule. Précisant :
- Moi, je les prends au poids, pas au quarteron. Quand il eut payé, il ajouta par jeu :
- Voulez-vous que je vous pèse aussi ?
- Mais moi, je ne suis pas à vendre.
- A vous regarder, chétive que vous êtes, je vous donne moins d'un quintal.
- Oh ! oh ! Vous allez fort !
- Vérifions.

 
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