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.. Contours du jour qui vient

Couverture du livre Contours du jour qui vient

Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Plon, Paris, France
Auteur : Léonora Miano

Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-259-20396-8
GENCOD : 9782259203968

 
 
Le podcasting des écrivains

De Léonora Miano - 10/09/2006
Léonora Miano - 10/09/2006

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4ème de couverture

Après la guerre qui a ravagé le Mboasu, cet état imaginaire et ô combien réel d'Afrique, le pays est exsangue. Les parents, incapables de prendre soin de leurs enfants, les chassent loin de chez eux, les accusant d'être la cause de leurs malheurs. Décidée à retrouver sa mère, la jeune Musango traverse un pays frappé de folie. Des rivages du fleuve Tubé aux bas-fonds de Sombé, métropole d'Afrique en proie à l'anarchie, Musango retrouvera-t-elle cette mère, symbole d'une Afrique à la dérive ? Sa rencontre avec le petit Mbalè, marquera-t-elle les prémices d'un jour nouveau pour tout un continent ?

Camerounaise née à Douala, Léonora Miano a déjà publié un roman, L'Intérieur de la nuit chez Plon en 2005. Classé parmi les meilleurs livres de l'année par le magazine Lire, ce roman a connu un remarquable succès auprès des lecteurs et de la critique. Avec Contours du jour qui vient, elle continue l'oeuvre qu'elle consacre à l'Afrique et montre encore une fois la puissance de son style incisif et envoûtant.

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Passage choisi

Elle était venue aussi, Sésé. La prétendue voyante, la diseuse de nos mésaventures. Le jour où tu m'avais pendue à cet arbre, tu n'avais pas encore le courage de m'ôter la vie. Tu m'avais seulement bat­tue jusqu'à ce que je perde connaissance. Tu m'avais ensuite détachée pour laver mes plaies en pleurant, et mise au lit en murmurant que maintenant tout se passerait bien. Le démon qui m'obligeait à me repaître de vies humaines m'avait quittée. Je deviendrais bientôt une enfant comme les autres, et on n'aurait plus besoin de m'emmener à l'hôpital pour soigner ce mal incurable qui me rongeait le sang. La vieille avait affirmé que certainement, les Blancs qui avaient formé les médecins des hôpitaux nommaient cette entité démoniaque à leur façon. Le nom scien­tifique de ma maladie ne l'intéressait pas. Pour elle, tout était clair : une infirmité du sang ne pouvait être qu'un envoûtement. Tu lui avais dit que papa pré­tendait que cette affection venait des parents, que c'étaient eux qui la transmettaient aux enfants, et qu'elle était plus grave s'ils en étaient atteints tous les deux. Sésé t'avait demandé, en me regardant dans le blanc des yeux, pourquoi dans ce cas j'étais la seule à en souffrir à ce point. Ses yeux s'étaient ensuite fixés sur toi et elle avait dit : Ne vois-tu pas qu'elle se porte mieux depuis que son père n'est plus ? Elle fera bientôt de nouvelles rechutes, et il lui faudra du sang. Alors, elle tuera de nouveau. Te prenant à part, elle t'avait indiqué, je suppose, la marche à suivre. Nous avions quitté sa petite cabane de tôle entourée de flaques d'eau stagnante. Deux jours plus tard, tu m'avais attachée la tête en bas à une branche du manguier. Tu avais empoigné des bambous encore verts et ils avaient fendu l'air pour venir me déchirer la peau, encore et encore et encore... Tu tremblais de tout ton être, alors que tu t'acharnais sur moi.

 
 
Revue de presse

Gilles Martin-Chauffier - Paris-Match du 30 novembre 2006
Très intéressant, le Goncourt des lycéens. Il pourrait bien nous ouvrir les yeux...
La longue traque de Musango à la recherche de sa mère est un voyage dantesque dans la vie quotidienne d'une Afrique à mille lieues des cartes postales, des reportages télé et des C.d. de France Gall. Incapables d'imaginer un futur au Mboasu, les hommes vivent au jour le jour, ne bâtissent pas et rêvent de se jeter dans la gueule du loup européen où la télévision montre leurs frères carbonisés dans des squats. C'est pathétique et quelques vieilles ont beau jeu de leur dire que partir pour posséder quelque chose n'a pas de sens quand on sait qu'à l'arrivée, dans les pays froids, on ne sera rien pour personne. Personne ne veut plus croire qu'on vaut plus que ce qu'on possède... Ce livre déchirant ne fait pas de pathos. Léonora Miano raconte l'histoire d'une très jeune fille et les sentiments qui la traversent. Mais soudain, quand on achève la lecture, certaines de nos pleurnicheries sont carrément indécentes.

Marianne Payot - L'Express du 14 septembre 2006
Léonora Miano est une véritable romancière. Après avoir fait irruption sur la scène littéraire française l'année dernière avec L'Intérieur de la nuit (classé 5e meilleur livre de l'année par le magazine Lire), l'auteur, une Camerounaise de 33 ans, sort en cette rentrée un second roman, tout aussi fort et envoûtant.

 
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