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Genre : Psychologie, Psychanalyse
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Auteur : Carl Gustav Jung
Prix : 30.00 € / 196.79 F
ISBN : 978-2-226-15893-2
GENCOD : 9782226158932
De Michel Cazenave - 03/10/2006
Michel Cazenave - 03/10/2006
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Comme Freud, Jung a toujours pensé que le rêve était «la voie royale d'accès à l'inconscient». Mais, à l'opposé de Freud, il tient que le rêve n'a pas besoin d'être décrypté pour en faire venir le sens au jour : «Je doute, écrit-il, que nous devions admettre qu'un rêve soit autre chose que ce qu'il paraît être. Je me référerais plutôt à une autre autorité judaïque, à savoir le Talmud, qui dit que le rêve s'explique par lui-même. En d'autres termes, je prends le rêve pour ce qu 'il est».
D'où une technique d'interprétation très différente de celle de la psychanalyse classique ; d'où le recours comparatif aux motifs folkloriques, mythologiques ou traditionnellement religieux ; d'où le renfort recherché du côté de l'anthropologie ou de la science des religions pour comprendre le sens de nos images oniriques.
Dans la seconde partie de ce séminaire (1929-1930), comme il le faisait déjà dans le premier volume, Jung ne se contente pas de faire la théorie du rêve. À partir de rêves réels brièvement exposés, d'abord de façon pédagogique, puis avec une discussion suivie avec les participants du séminaire, il nous montre concrètement d'une façon particulièrement vivante comment se pratique la lecture symbolique des rêves et dans quels horizons on se doit de l'inscrire.
Cari Gustav Jung est, avec Freud et Lacan, l'une des plus grandes figures de la psychanalyse du siècle passé.
Proche de Freud alors qu'il était l'un des jeunes psychiatres les plus prometteurs du Burghölzli de Zurich (c'est dans ce centre psychiatrique parmi les plus renommés d'Europe que Cari Gustav Jung apporta une contribution majeure au travail de Eugen Bleuler qui décrivit pour la première fois et précisément la schizophrénie), Jung se sépara dès 1912/1913 de son maître de Vienne afin de créer son propre courant et d'élaborer une méthode qui tienne compte en particulier de toute l'histoire des idées, de l'étude des sciences religieuses et des productions mythologiques de l'humanité. Non que Jung déniait la place de la sexualité dans la psyché de l'homme mais la théorie de Freud lui paraissait beaucoup trop unilatérale dans son intérêt exclusif pour la construction libidinale de la personnalité.
Jung fut toute sa vie en contact avec les plus grands spécialistes de tous les domaines de la connaissance humaine. Il fréquentait les fameuses rencontres annuelles d'Ascona en Suisse italienne. James Joyce ou Hermann Hesse en littérature, les deux prix Nobel de physique Wolfgang Pauli et Erwin Schrôdinger, Louis Massignon ou Henry Corbin en islamologie, Gershom Scholem pour le judaïsme, Henri-Charles Puech pour la gnose, ou encore H. Zimmer pour l'Inde, D.T Suzuki pour le bouddhisme, Karl Kerenyi pour l'antiquité...sont quelques uns des «grands» avec qui il entretenait commerce.
A la fin des années 70, plus de la moitié de l'oeuvre de Jung n'était pas encore traduite en français - et encore ce qui l'était, l'était-il souvent dans un grand désordre. Les éditions Albin Michel ont entrepris un vrai travail de traduction, d'abord sous la direction d'Antoine Favre, professeur à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, puis, très rapidement, sous celle de Michel Cazenave.
C'est ainsi que, sur plus de vingt volumes déjà parus, sont disponibles le dernier grand travail de Jung sur l'alchimie (Les deux tomes du Mysterium Conjunctionis), son livre canonique sur la Synchronicité, ses études sur Paracelse ou sur le Yoga de la Kundalini -sans compter l'ensemble de sa correspondance (en particulier avec Wolfgang Pauli),...
Ce travail de longue haleine, qui dure ainsi depuis un quart de siècle, selon des critères scientifiques établis s'approche des modèles allemand ou anglo-américain de publication des Oeuvres Complètes. De plus, il permet de mieux comprendre l'oeuvre de contemporains capitaux qui ont été intimement imprégnés de sa pensée qu'il s'agisse d'écrivains comme Ursula Le Guin ou Franck Herbert (Le cycle de Dune) ou de cinéastes comme Fellini, John Boorman ou George Lucas dans sa fameuse Guerre des étoiles.
Liste des titres parus :
Commentaire sur le Mystère de la Fleur, novembre 1979
Psychologie du Transfert, mars 1980
Mysterium Conjonctionis Tome 1, novembre 1980
Mysterium Conjonctionis Tome 2, février 1982
Aion, avril 1983
Psychologie et Orientalisme, janvier 1985
L'Homme à la Découverte de son Ame, avril 1987
Sychronicité et Paracelsica, janvier 1988
La Vie Symbolique, novembre 1989
V âme et le Soi, mai 1990
Essais sur le Symbolique de l'Esprit, mai 1991
Correspondance (1906-1940) Tome I, septembre 1992
Correspondance (1941-1949) Tome 2, septembre 1993
Correspondance (1950-1954) Tome 3, avril 1994
Correspondance (1955-1957) Tome 4, août 1995
Correspondance TV (1958-1961), août 1995
Sur l'Interprétation des Rêves, mars 1998
Les Energies de l'Ame, mai 1999
Le Divin dans l'Homme, mai 1999
Correspondance 1932-1958, avril 2000
Psychogenèse des Maladies mentales, février 2001
Les Rêves d'enfants Tome 1, novembre 2002
Les Rêves d'enfants Tome 2, janvier 2004
L'Analyse des rêves Tome 1, novembre 2005
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Dire d'un rêve de renaissance que c'est une transformation d'énergie est tellement abstrait que cela n'a plus aucun sens. Il nous faut donc des archétypes, il nous faut ce langage pittoresque pour pouvoir exprimer cette forme singulière de transformation.
Il en va de même avec l'idée d'anima. Lorsque nous en parlons comme d'une fonction, elle n'apporte rien. Mais en la rendant personnelle, elle devient une réalité personnelle. Si nous en faisons une abstractions, elle n'est qu'une figure dans notre tête, une abréviation artificielle et non pas la chose elle-même. Même en sciences, lorsque nous transformons les faits en abstractions, il ne nous reste rien à quoi nous puissions nous adresser. Nous n'avons plus affaire à de vrais animaux, mais à des animaux empaillés voire à la construction idéale d'un animal dont le message est de plus en plus vide. Il en va ainsi des archétypes : plus nous les traitons de manière scientifique, plus ils s'évaporent. Ainsi, si nous les limitons expressément à ce que nous pensons être leur essence, nous parvenons à un principe qui s'exprime en termes de transformation d'énergie qui ne signifie rien et qui est absolument vide de toute vie. Pour cette raison, il faut parler des archétypes et, quand on commence à les discerner, il n'y a en apparence aucune limite (...)
De nos jours, les dragons sont les grandes machines, les voitures, les canons. Ce sont maintenant des archétypes : simplement des nouveaux noms pour des choses anciennes. Ces choses nouvelles ont autant de valeur que les choses anciennes. Tout comme les choses nouvelles ne sont que des mots pour des images, les choses anciennes étaient des mots pour des images. L'idée mythologique du dragon dérive probablement de l'idée de sauriens gigantesques. Il est fort possible que les dragons des mythes soient les derniers vestiges d'une mémoire ancestrale des sauriens - cette chose terrifiante par laquelle l'homme, dans un obscur et lointain passé, était terrorisé. Naturellement, être effrayé par des dragons, même dans les temps historiques, c'était futile, puisque les dragons n'existaient pas. Ils sont devenus une peur psychique, parce qu'en réalité ces énormes bêtes n'existent plus, tout comme le complexe père ou mère continue à opérer dans le psychisme bien longtemps après la mort du père ou de la mère. Ils peuvent rester vivants sous la forme d'images symboliques, tout comme le dragon continue à vivre en nous comme image symbolique, bien qu'il ne soit en réalité rien d'autre qu'un nom. Ainsi, lorsque nous exprimons une idée archétypique au moyen d'une machine, tout se passe comme si nous parlions d'une époque où les machines n'existaient pas, comme si ces machines étaient encore des sauriens. Il se peut qu'une nouvelle époque survienne dans laquelle nous ne parierons plus de machines, mais les idées et les peurs persisteront bien après que nos machines d'aujourd'hui auront disparu, et il devient évident que ces images ne sont que de simples noms pour des choses qui nous effraient. Tout simplement, ces images sont les noms de nos peurs.