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Genre : Psychologie, Psychanalyse
Editeur : Odile Jacob, Paris, France
Auteur : Boris Cyrulnik
Prix : 21.90 € / 143.65 F
ISBN : 978-2-7381-1841-7
GENCOD : 9782738118417
De Boris Cyrulnik - 25/10/2006
Boris Cyrulnik - 25/10/2006
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Boris Cyrulnik est neuropsychiatre. Il est aussi directeur d'enseignement à l'université de Toulon. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, qui ont tous été d'immenses succès, notamment Un merveilleux malheur, Les Vilains Petits Canards, Parler d'amour au bord du gouffre.
«On peut découvrir en soi, et autour de soi, les moyens qui permettent de revenir à la vie et d'aller de l'avant tout en gardant la mémoire de sa blessure.
Les chemins de vie se situent sur une crête étroite, entre toutes les formes de vulnérabilité.
Être invulnérable voudrait dire impossible à blesser. La seule protection consiste à éviter les chocs qui détruisent autant qu'à éviter de trop s'en protéger. Chaque âge possède sa force et sa faiblesse et les moments non blessés de l'existence s'expliquent par notre capacité à maîtriser, voire à surmonter, ce qui, en nous, relève, dans un constant remaniement, du biologique, de l'affectif et de l'environnement social et culturel.
Le bonheur n'est jamais pur. Pourquoi faut-il que, si souvent, une bouffée de bonheur provoque l'angoisse de le perdre ? Sans souffrance, pourrait-on aimer ? Sans angoisse et sans perte affective, aurait-on besoin de sécurité ? Le monde serait fade et nous n'aurions peut-être pas le goût d'y vivre.» B. C.
Ce livre fonde une nouvelle biologie de l'attachement.
Il explique pourquoi, pour chacun d'entre nous, la vie est une conquête permanente, jamais fixée d'avance. Ni nos gènes ni notre milieu d'origine ne nous interdisent d'évoluer. Tout reste possible. Un message d'espoir, plein de tendresse et d'humanité.
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Au bonheur des pensées paresseuses
La pensée paresseuse est une pensée dangereuse puisque, prétendant trouver la cause unique d'une souffrance, elle aboutit à la conclusion logique qu'il suffit de supprimer cette cause, ce qui est rarement vrai. Ce genre de raisonnement est tenu par ceux qui sont soulagés dès qu'ils trouvent un bouc émissaire : il suffit de le sacrifier pour que tout aille mieux. La pensée du bouc émissaire est souvent sociobiologique : il suffit d'enfermer les tarés ou de les empêcher de se reproduire, il suffit de rendre les familles responsables de ce qui ne va pas, il suffit de séparer les enfants de leur mère mortifère.
Le cheminement de la biologie de l'attachement qui intègre des données venues de disciplines différentes peut éviter de tels raisonnements couperets. Et la notion de vulnérabilité va me permettre d'illustrer comment ce mot perd son pouvoir de bouc émissaire quand il est abordé de manière à la fois biologique et sentimentale.
Depuis vingt-cinq ans, on trouvait dans la presse psychologique un nombre croissant de travaux sur la vulnérabilité. Il convenait donc de réfléchir à son antonyme, l'invulnérabilité. Dès la préface, le psychanalyste James Anthony écrit qu'«il n'y a pas d'enfant invulnérable» et qu'«il a préféré le terme d'invulnérabilité à celui de résilience afin de frapper l'esprit des lecteurs».
Ce coup fut réussi. Tous les auteurs ont critiqué cette notion en précisant que le contraire de «vulnérabilité» n'est pas «invulnérabilité» mais «protection». Chaque âge possède sa force et sa faiblesse, et les moments non «vulnérés», non blessés de l'existence sont explicables par une maîtrise des facteurs de développement, génétiques, biologiques, affectifs et culturels, en constants remaniements. Être invulnérable voudrait dire impossible à blesser ! Comment voulez-vous que ce soit possible ? Même les enfants trop protégés «peuvent se montrer vulnérables, alors que d'autres, soumis à des événements chocs, ont la possibilité de ne pas se désorganiser et de continuer à se construire apparemment sans dommage». La meilleure protection consiste à éviter les chocs qui détruisent autant qu'à éviter de trop s'en protéger !
Olivier Delcroix - Le Figaro du 28 décembre 2006
Son livre veut fonder une «nouvelle biologie de l'attachement», en tenant compte des dernières avancées scientifiques dans le domaine des neurosciences. Et l'on suit avec enthousiasme les raisonnements limpides de ce merveilleux médecin de l'âme qui nous explique pourquoi, pour chacun d'entre nous, la vie est une conquête permanente, jamais jouée d'avance...
Néanmoins, comme le cerveau est en permanence remanié, «pétri» par les interactions affectives, Cyrulnik affirme que ni nos gènes ni notre milieu d'origine ne nous interdisent d'évoluer. Tout reste donc possible. À ce message d'espoir, plein de tendresse et d'humanité, celui qui écrivit Les Vilains Petits Canards ajoute un autre axiome : «Pour trouver le bonheur, il faut risquer le malheur. Si vous voulez être heureux, il ne faut pas chercher à fuir le malheur à tout prix. Il faut plutôt chercher comment - et grâce à qui - l'on pourra le surmonter.» Quand un jeune cavalier tombe de cheval, la meilleure façon de le guérir de ce «petit traumatisme», est de renfourcher la bête immédiatement.