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.. Les femmes au bain

Couverture du livre Les femmes au bain

Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Bleu autour, Saint-Pourçain-sur-Sioule, France
Auteur : Leïla Sebbar

Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-912019-45-5
GENCOD : 9782912019455

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De Leïla Sebbar - 07/11/2006
Leïla Sebbar - 07//11/2006

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4ème de couverture

Les femmes au bain, ce qu'elles racontent ? Elles disent le désir, l'amour, le plaisir comme une offrande. On entend les mots et les chants des femmes entre elles. Savantes et illettrées, magiciennes et saltimbanques, saisonnières des vignes, conteuses. La Bien-aimée écoute les rumeurs qui exaltent l'Étranger de sang, l'amant magnifique et ses femmes. Il est en prison. Les frères de la Bien-aimée l'accusent de viol.

Les femmes au bain résistent. À l'arbitraire de la tribu, à son honneur corrompu, à ses noces de sang. Elles croisent les légendes anciennes et les histoires contemporaines, réelles et imaginaires, pour un hymne libre et joyeux aux amours illicites, saphiques, rebelles.

Leïla Sebbar, romancière et nouvelliste, est née à Aflou, en Algérie, d'un père algérien et d'une mère française. Elle vit à Paris. Derniers livres parus : Je ne parle pas la langue de mon père (Julliard, 2003), Journal de mes Algéries en France (Bleu autour, 2005), Isabelle l'Algérien, nouvelles, dessins de Sébastien Pignon (Al Manar, 2005) et L'Habit vert, nouvelles (Thierry Magnier, 2006).


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Passage choisi

J'ai lu aussi le livre des ruses, ces ruses que se transmettent les femmes de génération en génération, avant les Prophètes et avant les Pharaons, avant et avant, depuis la première femme sur la terre, Eve non, loin, très loin avant Eve, de la mère à la fille une très longue chaîne. Jusqu'à ce jour et après le Jour dernier, on ne le dit pas, les femmes au Paradis n'ont pas renoncé à la ruse, elles ne sont pas nombreuses, Dieu choisit les parfaites. Des femmes qui ne disent pas non au plaisir de l'amour. Le mari s'est affaibli mais il reste le mari. Inutile de quitter la maison, les amantes ne perturbent pas l'ordre domestique ni l'ordre public, et la vieille nourrice est là, vigilante, attentive aux caprices érotiques de la jeune séquestrée obéissante. L'amant fougueux n'a pas l'impatience du mari, il respecte le rituel amoureux, il est généreux et raffiné, musique, poèmes et chants... jusqu'au plaisir de la bien-aimée clandestine.
Au bain, je les entends. De qui parlent-elles ? De l'époux ? Non, jamais de l'époux, existe-t-il un seul époux bien-aimé ?

Je sais de qui elles se parlent. Toujours de l'étranger aperçu, l'étranger d'à-côté, le presque cousin qui n'est pas le cousin, il vient de loin, il a marché sur les routes de l'inconnu, de l'autre côté du monde, mais il est né de la même terre, du même sang, dans la même langue. Il a quitté la maison des ancêtres, elles ignorent le pays de sa vie, de ses amours, mais il revient, il est jeune toujours, et beau, pas d'épouses, pas d'enfants. Il revient pour elles, les jeunes filles, les femmes et celles qui croient qu'elles ne sont pas encore vieilles, il pourrait les regarder et les aimer. Elles attendent la rumeur qui dit l'homme. L'homme à cheval sous les terrasses avec l'habit d'apparat de l'aïeul, le haut dignitaire disparu lui aussi mais on ne l'a pas revu. L'homme et ses amis au café, ils jouent, bavardent, rient aux éclats, de quoi parlent-ils ? Des femmes de l'autre rive, des villes métropoles qui ont perdu tant de leurs fils.

 
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