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.. Pas du tout mon genre

Couverture du livre Pas du tout mon genre

Date de saisie : 17/08/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France
Auteur : Isabelle Spaak

Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-84990-037-6
GENCOD : 9782849900376
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 17/08/2006

 
 
Le podcasting des écrivains

De Isabelle Spaak - 07/11/2006
Isabelle Spaak - 07/11/2006

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4ème de couverture

Je suis la seconde fille, la seconde épouse, le second violon. Je joue en sourdine une partie plus basse que le premier.

Je suis le second couteau que l'on cache, pour les basses oeuvres, les pires besognes.

Habituées à l'ombre, ces amoureuses sont douées pour disparaître, se faire oublier. Elles finissent seules en général. Sans avoir vu s'évanouir les années.



Isabelle Spaak est l'auteur de Ça ne se fait pas (Prix Victor Rossel 2004). Pas du tout mon genre est son second roman.

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Passage choisi

À l'île de Ré, maman est joyeuse. Je ne me souviens pas d'elle aussi gaie. Pieds nus dans ses tongs blanches, son petit chemisier fleuri glissé dans un pantalon de coton, elle éclate de rire en se retournant vers mon père.
J'adore ce négatif piqué par l'humidité. Maman est attablée avec mon grand frère. Ils se sont levés tard. Sur la table, une bouteille de lait à moitié vide, deux ou trois morceaux de pain dans une corbeille, des serviettes dépliées, de larges pots de confiture ouverts, un broc. Seules quelques étoiles de mer séchées, des flotteurs de pêche, grosses boules de verre coloré emprisonnées par un maillage de corde, sont accrochées aux murs blanchis de la pièce. Dans un coin, un bouquet de monnaie-du-pape, graminées aux fruits translucides, plats comme des écus.
Maman et Michel n'ont pas l'air pressé de finir leur bol de café. Assis l'un contre l'autre, ils paressent dans le rayon de soleil qui s'immisce à travers la fenêtre. Mon père a dû les surprendre.
«Anne !», a-t-il dit pour qu'elle le regarde.
Il faisait toujours ça : nous appeler pour que nous fixions son objectif.
Muni de deux optiques, son appareil ne le quittait jamais.
Papa tournait sans arrêt, braquait sa caméra sur nous, enregistrait le déroulement de sa vie en filmant le cours de la nôtre.
Il nous visait, appuyait sur le déclencheur, opérait de longs plans fixes, pivotait sur lui-même, changeait d'angle.

 
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