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Vaincre les peurs : la philosophie comme amour de la sagesse

Couverture du livre Vaincre les peurs : la philosophie comme amour de la sagesse

Date de saisie : 20/11/2006
Genre : Philosophie
Editeur : O. Jacob, Paris, France
Auteur : Luc Ferry

Prix : 18.90 € / 123.98 F
ISBN : 978-2-7381-1834-9
GENCOD : 9782738118349
Sorti le : 12/10/2006

4éme de couverture

«Le point de départ de ce livre est une conférence dans laquelle j'ai présenté à un large public les points essentiels de mon livre, Apprendre à vivre. On y trouvera une réflexion sur ce qu'est la philosophie, sur ce qu'elle peut nous apporter en termes de sagesse pratique, sur les temps forts qui ont marqué son histoire. J'y développe l'idée selon laquelle les grandes philosophies sont, pour l'essentiel, des doctrines du salut sans Dieu, des tentatives de nous sauver des peurs qui nous empêchent de parvenir à une vie bonne, sans l'aide de la foi ni le recours à un Être suprême.
Mais le propos de ce livre n'est pas seulement pédagogique. J'ai cherché ici à expliciter la perspective philosophique à partir de laquelle je raconte et m'approprie en quelque façon cette histoire. L'humanisme postnietzschéen que je professe forme ainsi le fil conducteur principal de ce texte - ce qui permettra à mon lecteur de se situer lui-même plus aisément. La deuxième partie, directement liée à la première, relève d'un genre ancien : celui des "réponses aux objections". Certaines d'entre elles m'ont semblé si intéressan­tes que j'ai souhaité les publier pour tenter, en y répondant, de préciser et d'approfondir la perspective philosophique esquissée dans la conférence. Enfin on trouvera dans la troisième partie, présentées sous forme de petits exposés, quelques-unes des idées que je conseillerais à tout un chacun d'emporter, comme on dit, sur l'île déserte...» L. F.


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Passage choisi

Je sais bien qu'il peut paraître ambitieux à l'excès de vouloir présenter d'un seul trait une définition ainsi que les éléments d'une histoire, fut-elle brève, de la philosophie. C'est, comme on dit chez moi, chercher à faire tenir la dinde dans le marron. Je suis le premier à en avoir conscience et je mesure d'emblée l'ampleur et la légitimité des critiques qu'on pourra m'adresser. Pour autant, l'exercice ne m'apparaît pas dénué de sens, pourvu du moins qu'on le prenne pour ce qu'il est : une tentative d'ouvrir une brèche, de trouver un angle qui vous permettra, je l'espère, de saisir une certaine idée de la philosophie. Son histoire, même esquissée à grands traits, est si passionnante qu'elle vous donnera peut-être l'envie d'aller y voir par vous-mêmes de plus près. C'est cela, cette étincelle qui peut mettre l'esprit en marche, et rien de plus, que j'aimerais, autant qu'il m'est possible, vous transmettre aujourd'hui. Et c'est seulement à cette aune, fort modeste en vérité, que je vous demande de juger les propos qui vont suivre.
Je commencerai par un constat commun : si vous prenez le temps de jeter un oeil aux ouvrages de synthèse, manuels scolaires ou livres d'initiation divers qui d'ordinaire prétendent introduire à la philosophie, vous y verrez que cette dernière s'y trouve le plus souvent définie comme un «art de la réflexion», un «exercice de l'esprit critique», voire comme une «initiation à l'argumentation». Selon la tradition républicaine qui préside à la création de la classe de terminale de nos lycées, la philosophie serait par excellence cette «discipline de la méthode» dont l'idéal serait que chacun puisse un jour parvenir à «penser par lui-même». Combien de fois n'ai-je pas entendu des parents d'élèves m'assurer qu'ils se réjouissaient de voir enfin leur fils ou leur fille entrer en classe de terminale, attendu que la philosophie leur «mettrait un peu de plomb dans la tête», leur apprendrait certainement à penser avec davantage de «rigueur» et de «réflexion»... Comme si la philosophie n'apprenait rien que de formel, la conviction s'est répandue que cette discipline, essentiellement critique, s'enracinerait d'abord et avant tout dans une faculté de s'étonner, de remettre en cause soi-même et les autres, de réveiller des sommeils dogmatiques, de sorte que, selon un autre lieu commun de notre enseignement, elle serait bien davantage l'art des questions que celui des réponses...
Cette vision des choses, je le crains, risque de vous induire en erreur. (...)

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De Luc Ferry - 20/11/2006
Luc Ferry - 20/11/2006

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