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.. Bilan provisoire

Couverture du livre Bilan provisoire

Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Calmann-Lévy, Paris, France
Auteur : Cyrille Putman

Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-7021-3754-3
GENCOD : 9782702137543

Le podcasting des écrivains

De Cyrille Putman - 04/01/2007
Cyrille Putman - 04/01/2007

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4ème de couverture

Pavlov grandit dans le spectre de la catastrophe de Tchernobyl où son père a péri. Anastasia, sa mère, élève ses trois enfants avec une exceptionnelle bravoure. L'un devient joueur de poker, le second, bon à rien, rêve de conduire des tracteurs. Le dernier, Pavlov, révèle un troublant talent artistique.

Il rencontre Irina... leur amour transforme le jeune prodige en star mondiale de la photographie : Londres, New York, Paris ; partout on s'arrache ses oeuvres. Argent, limousines, hôtels de luxe, rencontres insolites, c'est l'itinéraire d'une étoile dans la société étrange des marchands d'art. Mais la chance tourne : les proches disparaissent et, par un inexplicable retournement de situation, la cote de l'artiste s'effondre. Ses visions chaotiques le reprennent. La chute s'arrêtera-t-elle ? L'amour de sa femme Irina et de sa mère Anastasia le sauvera-t-il du désastre ?

Bilan provisoire réunit à nouveau toutes les qualités qui ont fait le succès du premier livre de Cyrille Putman, Premières pressions à froid : un humour décapant, une sensibilité et une gouaille sans égales, l'observation de son univers familial et professionnel, au service de personnages farfelus et brillants.

Cyrille Putman est né en 1962. Fils de l'éditeur d'art Jacques Putman et de la décoratrice de renommée internationale Andrée Putman, il travaille comme rédacteur-concepteur dans la publicité avant de devenir galeriste, à New York en 1985, puis à Paris de 1989 à 1997. Il est aujourd'hui agent d'artistes


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Passage choisi

Arrivé à l'entrée de la ville, papa Postovoï, plus qu'amoché, fut pris d'atroces convulsions, assorties de vomissements tenaces. Ses yeux suintaient, ses oreilles pendaient, arrachées par le blaste, ne tenant qu'à un fil. Ses veines subissaient une surpression cardiaque infernale, carrément boursouflées, bordeaux foncé, du jamais-vu. L'infirmier se débattait pour essayer d'ouvrir la petite fenêtre coulissante de l'engin afin de respirer. Passé les grilles de l'hôpital n° 6, son tombeau roulant, exténué, cabossé, rongé, avançait, hoquetant vers le pavillon des urgences dans un barouf métallique. En accédant à l'arrière du véhicule, ces gardiens du serment d'Hippocrate croyaient halluciner, hébétés par l'état de leur premier client. Mécaniquement, ils déverrouillèrent le brancard dont le chrome était piqué. Une infirmière recouvrit son corps d'un drap pour ne pas effrayer les autres patients déambulant dans le hall. Une autre hurla après le peu qu'elle avait vu. À peine passé l'entrée, en attendant devant un improbable monte-charge, une troisième infirmière, dans l'urgence, commença à lui recoudre l'oreille. «Une question de dignité», pensa-t-elle. Quelques minutes après la pose d'une perfusion, son coeur sembla reprendre un rythme plus humain. Un aréopage, composé de médecins et d'infirmiers en blouses blanches, impeccables, prêts à bondir, s'agitait.
Ils prirent connaissance de leurs premières victimes, un traitement à base de lait boosterait l'affaire, pensaient-ils. Les médecins mentaient ouvertement en disant que les victimes avaient été empoisonnées aux gaz. Les radiations n'étaient pas inscrites à l'ordre du jour. Elles mourraient toutes en quatorze jours, avec ou sans greffe de moelle osseuse. On ne saurait pas combien.
Une grande et belle femme, pommettes saillantes, assez James Bond girl, vint au chevet de Vitalyï. Devant son état calamiteux, elle ordonna son transfert immédiat. Il fut enfin installé dans une chambre pressurisée. Un cube blanc derrière un plastique transparent. Le tout fermé par des bandes Velcro. Tout un programme. On pouvait lui dispenser des soins de l'extérieur, sans pénétrer dans la pièce. Son corps, rouge-brun, était couvert d'ampoules. Il perdait ses cheveux par poignées. Il se vidait de l'intérieur. Personne au monde n'avait jamais vu un être humain dans cet état-là. Sauf peut-être à Hiroshima. Il crachouillait de petits morceaux de poumons et de foie, en s'étouffant. L'infirmière n'osait le regarder, encore moins le toucher.

Revue de presse

Marianne Payot - L'Express du 11 janvier 2007
Grand admirateur de Marcel Duchamp, le jeune photographe prodige, dont les clichés abstraits sont encensés sur les places qui donnent le la du marché de l'art contemporain, ploie sous les dollars. On le réclame à New York, Londres et Paris. Il y rencontre Keith Haring, Raymond Hains, Jean-Charles de Castelbajac ou encore Michèle Patchman, «la fée du design»... Joli clin d'oeil à Madame mère. Un méchant article vient mettre un terme à l'euphorie. La bulle éclate, les marchands d'art détalent. Tout le cynisme d'un monde dont Cyrille Putman, en fin connaisseur, nous dévoile avec brio les méandres et les bassesses.

 
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