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Date de saisie : 14/01/2007
Genre : Archéologie, Préhistoire
Editeur : Recherche sur les civilisations, Paris, France
Auteur : Franck Burgos | Nicolas Grimal | François Larché
Prix : 150.00 € / 983.94 F
GENCOD : 9782865383009
Sorti le : 02/12/2006
L'histoire de ce monument, très emblématique du temple d'Amon-Rê de Karnak, est longue et romanesque. Destiné à recevoir la barque sacrée dans laquelle était transportée l'image aniconique du dieu, il a été réalisé pour sa plus grande partie par la reine Hatshepsout, l'un des grands bâtisseurs de l'Egypte ancienne. La reine ne put terminer ce qui devait être le coeur du dispositif cultuel qu'elle avait conçu pour le temple, peut-être à l'image de ce qu'avaient construit ses prédécesseurs du Moyen Empire. C'est son successeur, Thoutmosis III, qui le termine, dans les premières années de son règne. Mais il ne tarde pas à le remplacer par son propre monument, qu'il met en place pour la célébration de son premier jubilée, voulant à son tour imprimer sa marque en faisant de ce monument l'élément central du service de l'offrande divine.
Démontée, la «chapelle Rouge» est remployée en grande partie en bourrage dans le pylône que construit, quelques années plus tard, Amenhotep III. Les splendides reliefs qui ornent ses blocs de quartzite ne revoient le jour que presque 3 500 ans plus tard, au début de notre XXe siècle. Dégagés par Georges Legrain, ils sont l'objet d'une étude systématique par Pierre Lacau, dans son cours du Collège de France, en 1943-1944. Cette étude, publiée longtemps après la mort du savant, au début des années 1970, laissait à l'état de théorie la reconstitution de ce monument. Son anastylose, conduite par François Larché dans les années 1990, a permis une étude exhaustive, objet de cet ouvrage, qui présente, pour la première fois, une description et un relevé complets de ce monument unique.
(...) Démontée, la chapelle Rouge attend alors des jours meilleurs. Il n'est pas actuellement possible de dire à quel endroit ses blocs ont été déposés après démontage. Il est vraisemblable que leur entrepôt a dû se trouver relativement à proximité de leur site d'origine, assez probablement au Nord des constructions de l'axe ouest-est : la réhabilitation de l'axe nord-sud, entreprise sans doute après le démontage de la chapelle Rouge, celle du lac Sacré et de la zone de l'habitat des prêtres, interdisent pratiquement d'envisager une autre localisation. Le fait qu'Amenhotep III n'ait pas utilisé tous les blocs de la chapelle Rouge, puisque certains ont été retrouvés en remplois dans des constructions de Ramsès II et Ramsès III, plaide en la faveur d'un tel dépôt, où devaient se retrouver les monuments démontés, en attente de réutilisation.
L'hypothèse d'un dépôt organisé - sans doute moins efficace que ceux que le CFEETK construit aujourd'hui en dehors des zones bâties de l'enceinte, mais procédant de la même intention : conserver et cataloguer ces éléments d'architecture, servir aussi de modèle pour les artistes - s'appuie également sur le fait que ces blocs étaient conservés avec soin. Rares sont, en effet, les épaufrures autres que celles dues au démontage. Quant aux reliefs, leur état de conservation parle de lui-même.
C'est de ce «gisement» qu'Amenhotep III tirera une partie du bourrage du môle nord du 3e pylône, qu'il construit immédiatement à l'Ouest de la zone de la cour à péristyle de Thoutmosis IV, transformant l'équilibre des lieux pour lui donner un aspect proche de celui que nous connaissons aujourd'hui.
Le monument connaît alors un long sommeil de presque trois millénaires et demi, jusqu'à ce que Ceorges Legrain démonte le 3e pylône, au début du XXIe siècle de notre ère. L'histoire de sa reconstitution commence alors. Elle dure plus d'un siècle. (...)
Extrait de la préface de Nicolas Grimal
De François Larcher - 19/02/2007
François Larcher - 15/01/2007
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