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.. Un jour comme celui-ci

Couverture du livre Un jour comme celui-ci

Date de saisie : 01/02/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Bourgois, Paris, France
Auteur : Peter Stamm
Traducteur : Nicole Reutel

Prix : 18.00 € / 118.07 F
GENCOD : 9782267018998
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 01/02/2007

4ème de couverture

L'année scolaire touche à sa fin. Une autre année de la vie d'Andréas vient de s'écouler, monotone, entre ses cours d'allemand dans un collège en banlieue parisienne et ses aventures amoureuses convenues, quand le spectre de la maladie fait irruption. Si la mort venait le faucher là, demain, serait-il sûr d'être allé au bout de ses rêves ? Ne s'est-il pas fourvoyé en chemin, n'est-il pas temps de tout recommencer ? Andréas quitte alors Paris, abandonnant travail et maî­tresses et, tournant le dos à vingt années de sa vie, part pour une quête de l'essentiel, à la recherche de lui-même et de son grand amour d'ado­lescent.
Un jour comme celui-ci est l'histoire d'une cavale entre la vie et la mort où Stamm aborde avec brio et tendresse ses thèmes familiers : la peur de s'en­gager, l'angoisse de vivre, l'étrangeté au monde et la solitude.


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Passage choisi

Sur le chemin du retour, Nadja ne disait pas un mot. Ils ne s'étaient pas touchés de toute la soirée. Maintenant elle était au bras d'Andréas. Devant l'immeuble dans lequel il habitait, il s'arrêtait. Il l'embrassait sur les joues puis sur la bouche. Parfois, il l'embrassait dans le cou et se sentait ridicule. Ça semblait lui plaire, à elle. Cela correspondait sans doute à l'image qu'elle avait d'elle. La femme aimée, qui a les hommes à ses pieds, que l'on embrasse dans le cou, qui se rit de son soupirant. Ce qu'Andréas aurait préféré maintenant, c'était être seul, mais il lui demandait quand même si elle montait avec lui. Elle disait oui. Ça ressemblait à une capitulation.
Nadja n'était pas de ces femmes qui embellissaient quand on couchait avec elles. Ses vêtements moulants étaient comme une armure ; lorsqu'elle était nue, elle semblait perdre toute prestance et avait l'air vieille, plus vieille qu'elle n'était en réalité. Elle se laissait tout faire, s'offrait à toutes les caresses d'Andréas sans y répondre. C'était ça pour lui la vacuité, aurait-il dû lui dire. Ces soirées avec elle tous les quinze jours, la répétition de ces soirées et de ces nuits immuablement identiques, sans que jamais ils deviennent l'un à l'autre plus intimes. Mais il ne l'avait pas dit. Il aimait la vacuité de cette répétition. Il prenait plaisir au fait que Nadja soit ailleurs par la pensée, qu'elle ne fasse que mettre son corps à sa dis­position puis qu'une ou deux heures plus tard elle s'impatiente, le repousse et lui demande d'appeler un taxi. La vacuité, c'étaient ces soirées avec elle, ces après-midi avec Sylvie, ou ces week-ends qu'il pas­sait seul chez lui dans son appartement bien cosy, bien chaud, à regarder la télévision, à jouer avec sa console ou à lire. La vacuité, c'était sa vie, c'étaient ces dix-huit années qu'il avait passées dans cette ville, sans le moindre changement, sans qu'il souhaite le moindre changement.

 
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