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Parc sauvage

Couverture du livre Parc sauvage

Date de saisie : 29/05/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Seuil, Paris, France
Auteur : Jacques Roubaud

Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-02-091249-5
GENCOD : 9782020912495
Sorti le : 03/01/2008

4ème de couverture

Septembre 42. Deux enfants dune dizaine d'années, Dora et «Jacques» (c'est son nouveau prénom, il ne faut pas qu'il l'oublie), arrivent dans une grande propriété des Corbières. Dora est venue avec Vlad, son oncle, «qui ne peut plus jouer en ce moment». Sa mère est restée à Toulouse. Les parents de «Jacques-maintenant» sont il ne sait où, loin. La maison est vaste. Il y a des poules, des canards, des vignes, les «jumeaux», qui se ressemblent tellement qu'ils ne savent peut-être même pas eux-mêmes qui est Joan et qui est Jean. Il y a Teresa, leur mère, qui parle catalan, venue avec Jim, qui parle anglais; et Camillou, leur grand-père, que Dora aime dès qu'elle le voit. Sainte-Lucie lui appartient et il les reçoit, «en attendant». En attendant qu'on vienne les chercher pour les emmener dans la montagne, vers l'Espagne.
Les enfants jouent, explorent. Ils découvrent le Parc Sauvage. Au fond du parc, le Vieux Bassin abandonné, sans eau, ses figuiers, ses lézards. Et là...


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Passage choisi

Elle ouvrit les yeux. La clarté qui emplissait la pièce n'était pas celle du jour. Pas celle de l'ampoule nue au plafond. Personne n'avait allumé la lampe du bureau. La lumière venait de la fenêtre, à droite. La grande fenêtre sans volets, sans rideaux, dont les vitres n'étaient pas couvertes de peinture bleue, comme à la maison, à Toulouse. La fenêtre en face d'elle était noire. Noire de nuit et d'arbres. La tête sur l'oreiller, elle refaisait connaissance, dans la clarté douce, avec cette pièce inconnue où on l'avait mise à dormir sur le «cosy». «Cosy» ne désignait pas le capuchon d'étoffe dont sa mère couvrait la théière mais un divan, engoncé dans une encoignure meublée. Le meuble, de bois verni comme celui du bureau, bordait rectangulairement le divan sur deux côtés. Ses compartiments, suspendus à hauteur convenable, avaient des portes rabattantes vers l'extérieur. Ils ne contenaient guère de secrets, mais surtout des pelotes de laine et autres instruments de tricot. L'oreiller s'enfonçait un peu sous le meuble et à sa gauche.
Dans le creux entre le divan et le mur, elle avait glissé un livre de contes. Elle en avait lu plusieurs avant de s'endormir, maintenue longtemps éveillée par l'agitation du voyage : «La chute de la maison Usher», «Le puits et le pendule»... Elle avait fermé les yeux après «Une descente dans le Maelstrom», la tête envahie de la vision d'un gouffre tourbillonnaire blanc et noir, comme un lavoir gigantesque, comme un puits infini, comme un escalier. Lecture effrayante, d'un effroi délicieux.

Le podcasting des écrivains

De Jacques Roubaud - 17/09/2008
Jacques Roubaud - 29/05/2008

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