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Date de saisie : 21/02/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Presses de la Cité, Paris, France
Auteur : Gérard A. Jaeger
Prix : 19.50 € / 127.91 F
ISBN : 978-2-258-07318-0
GENCOD : 9782258073180
Sorti le : 21/02/2008
En 1920, Constantin Lanvenec s'embarque pour une périlleuse navigation, qui le conduira du Havre jusqu'aux confins des mers du Sud, sur une île oubliée des hommes.
A Pont-Aven, en ce mois de juillet, toute la population est en émoi. La Compagnie d'armement du Havre recrute pour une expédition à l'île Saint-Paul, une terre hostile à treize mille kilomètres de la Bretagne, dont on ignore presque tout, sinon qu'elle n'a jamais rendu les hommes qui s'y sont aventurés...
Parmi les intrépides volontaires qui s'enrôlent pour nourrir leur famille, le jeune Constantin Lanvenec a fait le pari d'y gagner la respectabilité qui lui permettra d'épouser la belle et fortunée Blanche Quentin, promise à d'autres partis.
Mais au cours de cette traversée, riche en coups de théâtre, tempêtes et drames, Constantin a rendez-vous avec le diable !
Le souffle de l'aventure balaie ce roman initiatique, en entraînant le lecteur dans une équipée fantastique : celle des «damnés de Saint-Paul»...
Romancier, historien, essayiste, Gérard A. Jaeger a publié de nombreuses biographies consacrées aux aventuriers de la mer : découvreurs, pirates et corsaires. Il fait paraître aujourd'hui son premier roman aux Presses de la Cité.
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Sitôt débarqué du train qui l'amenait de Paris, le capitaine Ebert sortit de Centraal Station en relevant le col de son vieux caban. A première vue, il lui sembla que rien n'avait changé : l'âme d'Amsterdam lui rappelait ses escales d'avant la guerre et ses nuits à boire, de bar en bar, parmi les relents de saumure et le mélange des parfums de femmes.
L'air froid de la mer du Nord emportait les pages égarées d'un vieux journal sur le parvis de la gare. Bien qu'on fût au mois de juin, l'été tardait à s'imposer. En observant le ciel où s'amoncelaient des nuages gorgés de pluie, il vissa sur son crâne la casquette de flanelle qui l'avait accompagné durant toute sa vie de marin. Puis il enfouit ses mains dans les poches de son pantalon de laine bleue. Comme jadis, quand il taillait sa route à la barre de son cargo, le dos légèrement voûté, tassé sur lui-même pour mieux encaisser le tangage, il s'engagea dans Houttuinen Prins au milieu des embruns que le vent chassait maintenant jusque dans les ruelles obscures.
Il était environ vingt-deux heures lorsque l'orage éclata, ce 10 juin 1920. Le long des canaux mouchetés par la pluie, les quais étaient déserts. Une légère brume donnait à la lueur des réverbères une atmosphère d'arrière-saison. Malgré tout, Friedrich Ebert se sentait bien et ne cherchait pas à s'abriter de l'ondée qui fouettait son corps. Sa silhouette épaisse et râblée projetait son ombre sur les murs. Il était ici au milieu de ses souvenirs.
Au loin, une lumière chaude scintillait comme un fanal de naufrageurs au-dessus d'une porte. La façade de briques rouges aux parements de peinture blanche rappelait qu'ici on raffinait encore le sucre, cent ans plus tôt. Toute l'histoire du peuple de l'Amstel y était gravée dans la pierre.
Friedrich Ebert se dit qu'il avait une chance d'y débusquer l'homme qu'il recherchait.
De Julien Saada - 17/09/2008
Julien Saada - 05/05/2008
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