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Date de saisie : 22/10/2007
Genre : Sociologie, Société
Editeur : REMUE-MÉNAGE, Montréal, France
Auteur : Marie-Blanche Tahon
Prix : 24.50 € / 160.71 F
ISBN : 978-2-89091-259-5
GENCOD : 9782890912595
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Sorti le : 22/10/2007
Si les femmes - et les féministes aussi - sont à la croisée de divers territoires sur lesquels elles restent minorisées, leur position de frontalières est susceptible d'enrichir leur perspective sur le quotidien et les questions qu'il suscite.
Ce recueil contient les textes des douze conférences plénières prononcées lors du 4e Congrès international des recherches féministes dans la francophonie plurielle (Ottawa, 2005). Elles balisent des réflexions autour des journées thématiques sur «femmes et famille entre science et droit», «rapports de sexe, identité et francophonie», «justice, ONG et gouvernance» et «les femmes dans la cité et dans la ville». Regards qui empruntent à la biologie, au droit, à la psychanalyse, à la littérature, à la sociologie, à la science politique, pour jeter un éclairage sur la situation des femmes dans la francophonie plurielle et tenter de faire émerger des contacts entre les frontières.
Textes de Marie-Célie Agnant, Silvia Chejter, Linda Cardinal et Rachel Cox, Abla Farhoud, Lucie Lamarche, Isabelle Lasvergnas, Claire L'Heureux-Dubé, Maria Nengeh Mensah, Leïla Rhiwi, Hélène Rouch, Anne Saris et Marie-Blanche Tahon.
Marie-Blanche Tahon est professeure au Département de sociologie et d'anthropologie à l'Université d'Ottawa. Ses champs de recherche articulent la politique, la famille et les rapports de sexe. Elle était responsable de l'organisation du 4e Congrès international des recherches féministes dans la francophonie plurielle.
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Des «citoyennes sans frontière» à des «frontalières»
Ainsi que je l'exprimais dans l'allocution d'ouverture (voir le texte dans ce recueil), le titre du congrès - «Citoyennes sans frontière» - renvoyait à un «rêve en couleurs». Il avait été retenu par son comité organisateur - préféré à «Citoyennes au-delà des frontières» - lors d'une de ses réunions, en une journée particulièrement grise. Il se voulait mobilisateur, à la hauteur de l'énergie que nous déployions pour que ce congrès réponde à nos espoirs et à ceux des femmes qui y participeraient. Les espoirs ont été rencontrés, comme en attestent, au moins, cette publication des conférences prononcées en séances plénières, les deux autres recueils - Famille et rapports de sexe et Les femmes entre la ville et la cité - et le CD qui réunit l'ensemble des communications reçues et non publiées.
Dans le passage à l'imprimé, je ne pouvais me résoudre à conserver le titre «oral» du colloque. D'autant que nous avions, jusqu'au bout, hésité sur l'usage ou non du pluriel pour «frontière». Il se peut que les deux formules aient été utilisées dans divers documents. Sur le programme final et sur l'affiche, en tout cas, «frontière» est au singulier. Peut-être, inconsciemment, nous sommes-nous ralliées à la version la plus abstraite, la plus éthérée : «la» frontière. Mais laquelle ? Certes, la référence à «citoyennes», au pluriel bien sûr, indiquait aussi un optimisme de la volonté. De meilleur aloi, peut-être, même si ce terme, particulièrement sous sa forme féminisée, reste encore largement utopique.
Il garde toutefois l'avantage de traduire l'aspiration des femmes à être considérées, et leur volonté de se considérer, comme partie prenante de l'espace politique et de l'espace public, bien que ces expressions, elles aussi, connaissent une inflation sémantique depuis plusieurs années.
J'ai donc opté pour «des frontalières» : des «habitantes d'une région frontière», dit le Robert.
J'ai en cela été inspirée par le géographe québécois Henri Dorion qui écrit (2006 : 35 - c'est lui qui souligne) à propos d'un territoire frontalier :
En même temps, la frontière qui joue un rôle ambivalent d'obstacle et d'opportunité contribue à conserver dans chacune des deux demi-régions frontalières des spécificités propres aux États dont elles font respectivement partie. Quels que soient les problèmes liés à ce type de régions de plus en plus communs dans le monde actuel, ce phénomène met en exergue une caractéristique inhérente au phénomène des frontières sur lequel on a trop peu souvent insisté jusqu'à aujourd'hui. C'est que les frontières de séparation devraient céder le pas aux frontières de contact qui mettent en valeur la complémentarité et les éclairages réciproques qu'elle permet.
(...)
Marie-Blanche Tahon