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Date de saisie : 14/02/2008
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : NIL, Paris, France
Auteur : Patrick Cauvin
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-84111-378-1
GENCOD : 9782841113781
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Sorti le : 14/02/2008
De Patrick Cauvin - 31/05/2008
Patrick Cauvin - 31/05/2008
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«Ce fut donc un coup de foudre. (...) ]e cédai aux intentions de Pierre-Basse, à la stupéfaction de mon agent immobilier qui assura que toute visite était inutile, que je voulais du petit (c'était immense), un jardin réduit (c'était plutôt un parc), pas de travaux (il y avait de quoi bricoler jusqu'à la fin des temps), et qu'il suffisait de me regarder pour comprendre que je ne saurais jamais quoi faire de la partie troglodytique du terrain ni des bâtiments annexes, ce en quoi d'ailleurs il ne se trompait pas.»
Comment un manoir du XVIIe siècle peut devenir une boîte à souvenirs pour un homme du XXIE siècle ? Depuis vingt-cinq ans, Patrick Cauvin passe tous ses étés dans une bâtisse de tuffeau et d'ardoise, entre Angers et Saumur. Un parc, des grottes, des fantômes : l'achat de l'immense maison fut d'abord un grand moment de panique. Puis, au fil des étés, le lieu a vécu, les amis s'y sont succédé, sont revenus. On y a beaucoup mangé, bu, écouté, chanté, discuté... Un récit pour transmettre la joie, les rires, l'amitié, les souvenirs de bonheur, imprégné de la fameuse douceur angevine. Le livre le plus intime d'une figure attachante du roman français.
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VINGT-CINQUIÈME ÉTÉ.
Un bail.
J'ouvre la grille et c'est la même impression : une retombée générale des tensions due à la fois au silence soudain, à l'odeur d'herbe qui monte et au soulagement imbécile de constater qu'elle est toujours là, au fond du parc, que rien n'a bougé, ni les ardoises, ni les échauguettes, ni les murs... Je dois avoir la crainte idiote du citadin impénitent redoutant les effondrements, comme s'il y avait dans cette maison une fragilité liée au grand âge, au choc de l'hiver qui pourtant fut doux, à mille dangers qui, toujours, la menacent et transforment Pierre-Basse en champ de ruines.
Manoir de porcelaine.
C'est vrai que le sous-sol n'est pas rassurant, que c'est un gruyère, que le village est une écumoire, à moitié troglodytique, et que des souterrains s'y entrecroisent autour d'elle... Mais bon, ce n'est pas encore pour cette fois... Je me sens assez fier d'elle, elle tient le coup, et sacrement bien, malgré les siècles.
J'ai raconté cette sensation à un copain qui m'a fait remarquer qu'étant donné l'épaisseur des murs, il y avait quand même peu de chances qu'elle s'émiettât. Je ne suis pas complètement persuadé... Pour me justifier, je me dis que c'est dû à l'attachement (on est toujours inquiet pour ce qu'on aime) et qu'un an s'est passé depuis notre dernier rendez-vous, et qu'il s'en passe en un an, surtout pour les propriétés en verre filé.
Au fond, je dois à cette maison de superbes trouilles. À se demander si les possesseurs de résidence secondaire ne sont pas des masochistes. Je me souviens de deux d'entre elles.