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Date de saisie : 10/04/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Archipel, Paris, France
Auteur : Violaine Massenet
Prix : 17.95 € / 117.74 F
ISBN : 978-2-8098-0031-9
GENCOD : 9782809800319
Sorti le : 09/04/2008
Août 1870. Tandis que les armées de Napoléon III ploient sous le feu de l'ennemi à proximité de Sedan, dans un hameau du Périgord se déroule une autre tragédie.
Parce qu'il aurait crié «Vive la République !», Alain de Moneys est battu à mort sur le foirail par la foule des paysans, forgerons et autres scieurs de long, ivres de sang, qui le tiennent pour un traître, pire encore : un Prussien !
Nicolas Desvergnes a participé à la curée ; il décide de prendre la fuite. Des années plus tard, rentré au pays, marié et père d'un enfant, il s'est résigné à vivre avec son secret. Mais l'irruption d'un ange exterminateur remet en cause ce fragile équilibre...
Violaine Massenet s'est inspirée d'un événement historique pour faire revivre le drame de Hautefaye, le «village des cannibales», et imaginer le destin singulier d'un homme, que sauvera l'amour d'une femme. Résolus à vivre coûte que coûte, ses personnages donnent à son roman un souffle âpre et passionné.
Née en 1951, Violaine Massenet enseigne à la faculté Jean-Monnet de Sceaux et anime des ateliers d'écriture. Membre de l'Académie de Saintonge, elle est l'auteur de biographies de François Mauriac et d'Alain-Fournier (Flammarion, 2000 et 2005) ainsi que de plusieurs romans, dont Le Voile (Gallimard, 1992), Blanche de Saintonge (Flammarion, 2002) et Une passion étrangère (L'Archipel, 2007).
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Conseil de révision
En ce 20 juin 1870, l'air brûlait comme en enfer. Nicolas Desvergnes suffoquait, sa gorge se serrait, râpant son souffle, la sueur perlait sur son front à mesure qu'il avançait sur la route de Hautefaye, un hameau de quinze feux à la lisière de l'Angoumois et du Périgord vert.
C'était un jeune homme de vingt-deux ans, grand et brun, le front haut, les yeux noirs et les lèvres gonflées. Ce jour-là, sa langue lui semblait grosse comme une anguille, il n'avait plus assez de salive. Allait-on le retrouver la bouche ouverte, les jambes repliées sous lui, les mains crispées sur des broussailles comme le serrurier Imbert qui revenait l'autre matin après avoir réparé la porte du prieuré de la chapelle Saint-Robert ? Les faneurs rapportèrent que le pauvre homme paraissait écrasé comme si on l'avait aplati avec un battoir géant.
Les gens n'avaient plus que quatre litres d'eau par jour, pas assez pour les cultures. Pas de pluie depuis février ou si peu qu'on la regrettait à peine tombée. Les blés, les maïs, les haricots n'avaient plus de vigueur. Ils s'affaissaient, vaincus. Les pommes de terre étaient minuscules, le tabac languissait. On aurait dit que le ciel se vengeait.
Qui pouvait reconnaître le tendre pays d'autrefois, tramé de prairies, creusé de bassins et de vallées aux pentes douces où abondaient châtaigniers et bruyère ?
«Canicule !» serinaient les beaux messieurs, mais s'il n'y avait eu que cela ! On ne parlait plus que de la guerre dont la déclaration semblait inévitable. On verrait bientôt la gueule de l'ennemi ! Bismarck voulait faire plier l'Empereur mais l'Empereur ne se laisserait pas insulter par la Prusse. Dans quelques semaines, au pire, l'ordre de mobilisation serait placardé sur les murs, entre les affiches plus coloriées que les images des missels, et l'on verrait sourire fièrement les soldats de la garde impériale. Grenadiers en veste bleue à neuf tresses blanches, pantalon garance et bonnet à poils ornés d'un aigle en cuivre. Voltigeurs en tunique bleue à neuf brandebourgs, couleur jonquille, même pantalon et shako de cuir. Chasseurs à pied, uniforme identique mais avec des épaulettes vertes et un pantalon gris fer.
De Julien Saada - 17/09/2008
Julien Saada - 05/05/2008
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