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.. L'incertain

Couverture du livre L'incertain

Date de saisie : 25/08/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Liana Levi, Paris, France
Auteur : Virginie Ollagnier

Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-86746-490-4
GENCOD : 9782867464904
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 25/08/2008

 
 
Le podcasting des écrivains

De Virginie Ollagnier - 15/09/2008
Virginie Ollagnier

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Lectures

15/09/2008
Virginie Ollagnier

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4ème de couverture

C'est en 1920 à l'âge de onze ans que Zoltàn Soloviev, pris dans les remous de l'Histoire, perd tous ses ancrages. La révolution bolchevique le prive du grand domaine familial à Yalta, et d'un avenir tout tracé. Avec ses morts tragiques, ses exils douloureux, ses amours inattendues, la vie le place devant ce qu'il est le moins préparé à affronter : l'incertain. Un incertain qui fera de lui un éternel enfant, toujours indécis. Des Balkans de l'entre-deux-guerres au New York des années folles, en passant par la villa cosmopolite de la belle Jiska à Nice, il parcourt le siècle en se laissant porter par les femmes, par le désir. Un désir dont il voudrait vérifier la permanence et la force à l'aube de ses soixante ans.

Virginie Ollagnier, née à Lyon en 1970, est co-scénariste de la bande dessinée Kia Ora. Son premier roman, Toutes ces vies qu'on abandonne, lui a valu un succès public et critique. Elle nous offre ici la confirmation de son talent.

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Passage choisi

Comment tout a commencé

D'abord il y a ce désir puissant de raconter. Et puis on hésite. Ne pas faire de mal, ne pas trahir les secrets. Mais voilà, je vais enfin m'offrir cette trahison. Je vais quitter ce Zoltàn si sage. Ce Zoltàn si parfait, si propre depuis cinquante ans. Je me suis tant négligé pendant toutes ces années lisses et nettes. Cinquante ans, c'est vertigineux et pourtant c'est par là que je commence. Par la fin.
J'étais venu à Paris pour d'obscures raisons de propriétaire de pied-à-terre. Une loge de concierge, achetée avec les droits de mon deuxième roman au 5 de la place Jussieu. Ce rêve de possession que nourrissent tous les expatriés, les exilés, je l'avais réalisé. Pourtant je n'y avais pas remis les pieds depuis cinq ans. Il fallut un plafond écaillé par une fuite dans le circuit d'eau pour m'y traîner.
Donc, fin mars 1968, j'étais arrivé inquiet dans mon antre transformé en pataugeoire. François Burtin, mon voisin du dessus, ne savait plus comment se faire pardonner l'aller-retour depuis New York qu'il m'imposait pour un constat d'assurance. Nous l'avions rempli devant un café au Bistrot Jussieu.
C'est ainsi que par hasard, dans un journal abandonné sur une table, je découvris la mort de Jiska. Un petit encart dans le «Carnet du jour». Une généalogie expéditive, des regrets, l'annonce de l'enterrement à Nice le sur­lendemain à onze heures.
Lire mon avenir dans le marc d'un bistrot ne me surprenait pas. Cela n'aurait pas déplu à Jiska, mon premier amour, ma première vie.
Je décidai de me rendre à Nice le lendemain pour l'ac­compagner à sa dernière demeure. L'étrangeté de la situation me brûlait. Jiska, bien évidemment, avait manigancé le tout depuis sa tombe.
Il me restait à Jussieu un tuxedo pour les grandes occasions et un costume en velours brun côtelé pour les moins formelles, mais aucun pour les enterrements. Je décidai d'improviser.
Gare de Lyon, un sac de voyage, Le Monde, quatre sand­wichs français et vite, Nice, la grisaille, la mer.

 
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