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Date de saisie : 27/08/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Flammarion, Paris, France
Auteur : Troy Blacklaws
Traducteur : Pierre Guglielmina
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-08-120973-2
GENCOD : 9782081209732
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Sorti le : 27/08/2008
15/09/2008
Patrice Hoffmann, éditeur du livre
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15/09/2008
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Élevé dans une ferme en Afrique du Sud, Gecko a une enfance plutôt heureuse entre Beauty la nounou zouloue et Lucky Strike le cuisinier, une mère infirmière aux idées libérales et un père héroïsé qui chasse le zèbre et le springbok. Puis viennent la confrontation à la réalité de la ségrégation, l'éveil sexuel et l'apprentissage politique tragi-comique au lycée du Cap, alors que pointe un inquiétant nuage à l'horizon : la conscription pour l'armée sud-africaine.
Oranges sanguines évoque, dans une prose âpre et sensuelle, le désir et la peur de grandir d'un adolescent blanc en Afrique du Sud dans le monde violent des dernières années de l'apartheid. Dans ce prolongement autofictionnel du très remarqué Karoo Boy, le narrateur cherche à dégager les images fondatrices qui l'ont conduit à aimer plus que tout autre ce pays qu'il fut pourtant condamné à fuir en tant que déserteur.
Troy Blacklaws est né en 1965. Il a grandi au Cap durant l'apartheid et a fait des études de lettres et d'histoire à l'université de Rhodes. Admirateur de Camus et Hemingway, il a enseigné la littérature anglaise à Londres, puis à Vienne, Francfort et aujourd'hui Singapour. Après Karoo Boy (Flammarion, 2006), Oranges sanguines est son deuxième roman traduit en français.
Traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Pierre Guglielmina
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Grigri zoulou
Le Natal est la terre des Zoulous. Des collines parsemées de vaches et de huttes d'argile se succèdent du Drakensberg à la mer, là où les bananes, les papayes et les branches des palmiers se mélangent sur le sable et où les requins glissent dans les profondeurs.
On m'appelle Gecko, parce que, tout petit, je gloussais de joie à la vue des lézards aux doigts magiques et caoutchouteux sur le ciel de mon lit. J'ai sept ans et mon frère Zane en a à peine trois. Il doit son prénom à Zane Grey, l'auteur des livres de cow-boys que lit mon père. Zane a les yeux bleus de mon père, le conducteur de Jeep, le fermier rassembleur de troupeaux. J'ai les yeux vert olive de ma mère, qui était infirmière au Addington Hospital de Durban. À présent, elle n'est plus qu'une mère de famille à la ferme, loin du clignotement des lumières éblouissantes, loin des sifflets des types qui tirent, pieds nus, les pousse-pousse.
Beauty est notre nounou zouloue. Elle nous appelle, Zane et moi, les Zoulous blancs parce que la plante de nos pieds est dure à force de courir sans chaussures et parce que nous adorons prononcer des mots zoulous. Quand elle actionne son rouleau à pâtisserie, sa graisse tremblote, et elle chante une chanson zouloue, aussi triste qu'une perche noire qui sillonne à travers les roseaux. Parfois, Zane et moi, et Jamani, le fils de Beauty, nous laissons tomber notre poursuite des lézards et notre chasse aux oiseaux pour écouter tout simplement son chant qui coule comme une rivière. Quand j'étais encore un marmot, elle me portait, attaché sur son dos, sorte de kangourou à l'envers. Calé dans le creux de son dos, je sentais son fredonnement et son chant s'infiltrer en moi.