Avec Fnac.com,le site culturel Passagedulivre.com produit des chroniques littéraires pour mieux choisir vos livres préférés.

 

Les lecteurs de Livres Hebdo sont invités à découvrir sur Passagedulivre.com les plus beaux portraits des auteurs et des traducteurs.

 

Découvrez les interviews décalées des auteurs et des traducteurs.

 

Abonnez vous à la correspondance "Fnac.com et l'actualité des livres", envoyée chaque semaine à plus de 400 000 amoureux des livres. Vous y trouverez notamment les interviews décalées des écrivains et des traducteurs, et de courts extraits de vos livres préférés.

 

Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous : la foire aux questions.

 

Bonne visite sur Passagedulivre.com !

 

.. A travers sables

Couverture du livre A travers sables

Date de saisie : 30/04/2009
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France
Auteur : Benjamin Pelletier

Prix : 16.00 €
ISBN : 978-2-87929-642-5
GENCOD : 9782879296425 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 05/03/2009

 
 
4ème de couverture

Quand il débarque à Djeddah, le narrateur de ce récit vient d'être embauché par un groupe hôtelier d'envergure internationale pour évaluer des investissements immobiliers en Arabie Saoudite. Il est plutôt confiant et ne manque pas d'humour. Et il en faut pour composer avec un monde où l'argent autorise les folies les plus vaines, comme l'implantation d'une ville en plein désert ou l'entretien d'un hôtel cinq étoiles sans clients. Pourtant l'absurdité du quotidien finit par éroder son enthousiasme. Une angoisse sourde l'envahit peu à peu, jusqu'à le plonger dans une solitude douloureuse.

Avec ce récit poignant et lucide, Benjamin Pelletier passe par la littérature pour donner à une aventure personnelle la portée d'une expérience existentielle. Loin du rêve lyrique, ce livre remarquable montre comment le mythe du désert se transforme en cauchemar.

Benjamin Pelletier est né en 1975. Après des études de philosophie à Toulouse, il s'installe à Paris où il achève l'écriture de son premier livre, La Mère des batailles, paru aux Éditions de l'Olivier en 2004.

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
 
Passage choisi

Sur l'écran où se dessine la trajectoire de l'avion, l'Arabie apparaît comme un immense quadrilatère jaune avec d'infimes franges vertes dans le coin sud-ouest, près de sa frontière avec le Yémen. Mon regard ne cesse d'en faire le tour, cherchant à se persuader des limites réelles de cet espace gigantesque : mille cinq cents kilomètres le long de la mer Rouge, face au Soudan et à l'Egypte ; deux mille deux cents kilomètres au contact de la Jordanie, de l'Irak et du Koweït ; six cents kilomètres le long du golfe Persique ; et enfin, du golfe Persique à la mer Rouge, la frontière de deux mille kilomètres qui traverse la plus grande étendue de sable au monde, le redoutable Rub al-Khali, autrement dit le Quart-Vide. L'avion survole la France, l'Italie, la Méditerranée, l'Egypte, la mer Rouge, et cette descente se présente dans mon esprit qui vagabonde de moins en moins comme un voyage dans l'espace, mais plutôt comme une longue remontée à travers les époques et les civilisations, si bien que je ne serais pas surpris d'être accueilli à l'aéroport de Djeddah par Abraham en personne. Entre la ligne du haut et la ligne du bas, l'avion suit en parallèle le mince filet cotonneux des nuages où se reflète un étrange halo de lumière. Il n'y a plus de différence finalement, les molécules d'air ressemblent aux molécules d'eau, le noir de l'espace se confond avec le bleu du ciel. La panique, un instant refoulée, remonte comme une flamme depuis mes pieds conscients du vide immense qui les sépare du sol terrestre vers mon coeur qui s'affole, et vient se réfugier au bout de mes doigts qui tambourinent contre l'accoudoir. Ecrasé par le contraste entre l'inertie de mon corps et la vitesse abstraite de l'avion, mon esprit se met à errer sans attache d'un bord à l'autre de mon crâne dans l'espoir de s'enfuir par le hublot obscurci de mon regard. Dehors, l'air congèle instantanément tout être vivant et la surface de la mer est dure comme du marbre. À quoi bon s'inquiéter ? Je suis une pierre. Mais une nappe lumineuse apparaît soudain dans la nuit et, après un virage vertigineux, l'avion se met à suivre le bord de mer. Une circulation infernale scintille sur les longues artères qui quadrillent la ville avec une rigueur géométrique. Djeddah s'étale sur une bande côtière large de quelques kilomètres avec de part et d'autre les deux masses noires impénétrables de la mer et du désert. L'avion se rapproche si progressivement du sol qu'il semble devoir doucement s'enfoncer sous terre. Alors, avec un détachement irrationnel, je décroche de moi-même en accueillant pour la première fois avec soulagement l'idée de ma propre disparition.

 
 
Revue de presse

Fabrice Rozié - Le Monde du 30 avril 2009
A travers sables prolonge et renouvelle La Mère des batailles, sans qu'on départage clairement la fable du témoignage, sans qu'on sache vraiment où commence le figuré, où s'achève le littéral. Si les deux forment bien un diptyque, Benjamin Pelletier donne ainsi une suite à la mort de sa mère, par la figuration du deuil qu'il a porté : l'évocation d'une autre vie à l'étranger, d'une période de chamboulement intérieur, et plus symboliquement, sa traversée du désert en direction de la mer en sont les témoins. A la fin du récit, quand il s'élance à la nage vers le large, le personnage meurt à quelque chose, une part de lui-même, sans qu'on sache laquelle exactement. Cette mort en soi, dans la vie qui va, ne serait-ce pas l'image du deuil ? D'un récit à l'autre, Benjamin Pelletier continue de dire "je" tout en basculant dans la fiction. Sa relation, qui croise journal intime et de voyage, mélange le discours rationnel, le sentiment et une part de folie ou d'étrangeté.

logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com

 
Nous contacter - Informations légales - Vous êtes éditeur ?