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.. Le baiser de la pieuvre

Couverture du livre Le baiser de la pieuvre

Date de saisie : 22/03/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Seuil, Paris, France
Auteur : Patrick Grainville

Prix : 18.50 € / 121.35 F
ISBN : 9782021000191
GENCOD : 9782021000191
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16/02/2010
Courte lecture de Patrick Grainville

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4ème de couverture

Le Rêve de la femme du pêcheur d'Hokusai est l'estampe érotique japonaise la plus connue. La plus énigmatique aussi. Union de la femme et de la bête marine. Scène d'hypnose, de sexe, de vigilance animale et de volupté surnaturelle. Patrick Grainville n'aborde pas le sujet par le biais d'une biographie d'Hokusa௠et d'une reconstitution de son époque. Il va droit au coeur du motif et raconte l'histoire de ce couple impossible d'amantes : femme et pieuvre.Le récit de cet amour monstrueux déroule son fil romanesque et fluide. Au gré des péripéties très concrètes affleure le sens de cette aventure inédite C'est d'abord l'évocation d'une ïle asiatique, perdue dans la mer où vivent quelques villages de pêcheurs autour d'un volcan. Tout commence par la révélation qui frappe un bel adolescent, voyeur aveuglé par la nudité d'une femme... L'apparition et l'emprise de la pieuvre naïtront de ce dévoilement de la beauté interdite et de sa profusion intime et sensuelle. Patrick Grainville est né en 1947 à  Villers (Normandie). En 1976, il a obtenu le prix Goncourt pour Les Flamboyants. Il est l'auteur d'une vingtaine de romans.

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Revue de presse

Vincent Roy - Le Monde du 19 mars 2010
Dans la tradition japonaise, il existe des pieuvres miraculeuses : le céphalopode n'est pas seulement un monstre que l'on craint et qui fascine, mais aussi un mollusque thaumaturge qui sait apaiser et soigner. Reprenant cette tradition, la pieuvre Oryui, personnage tentaculaire du dernier roman de Patrick Grainville, est véritablement miraculeuse puisqu'elle apporte la jouissance à une jeune veuve, Tô. Femme et pieuvre forment un couple d'amantes a priori impossible. C'est sans compter sur la virtuosité de l'écrivain qui installe, à dessein, des scènes hypnotiques de volupté surnaturelle dans un village de pêcheurs et de paysans nippons...
La phrase musculeuse de Grainville aspire leur désir comme le baiser d'Oryui le ventre de Tô : elle se courbe, se gonfle, se gorge de plaisir et bientôt - voici le vrai prodige de ce conte envoûtant -, sa "voussure vorace s'acharne dans l'amour".

Jacques-Pierre Amette - Le Point du 18 février 2010
Le tout nouveau roman de Patrick Grainville s'inspire de l'estampe érotique la plus célèbre de Hokusai, Le Rêve de la femme du pêcheur...
Ce membre du comité de lecture des éditions du Seuil - ayant commencé sa carrière chez Gallimard - nous offre un incroyable songe charnel d'obsédé et de voyeur. Avec lui, la génération qui a eu 20 ans en 1968 possède son Giono ou son Hugo d'après la révolution sexuelle.

Bernard Géniès - Le Nouvel Observateur du 11 février 2010
Sous la plume de Grainville, ce territoire insulaire devient une jungle d'images et de sensations. Tout est volupté dans ce ballet de la passion. Les phrases creusent le mystère, explorent le somptueux foisonnement de la terre et de la nature. Grainville, on le sait, est un lyrique. A l'image de ces peintres qui montent la valeur des tons à leur extrême, il convoque les mots les plus colorés, les plus vifs, tissant, au risque de la saturation, une mélopée qui envoûte. La fin apocalyptique du récit laisse entendre que le paradis sur terre n'existe pas. Pourtant l'amour demeure. Est-ce une consolation ? Il faut aimer pour le savoir.

Baptiste Liger - Lire, février 2010
A l'heure du retour à un certain minimalisme, la lecture d'un Patrick Grainville fait un bien fou à tous ceux qui raffolent des fulgurances baroques, des nébuleuses d'adjectifs aux airs de poussées de désir et autres savoureux excès de langue. Et s'il reste dans l'Hexagone un maître de ce genre, c'est bien l'auteur des Flamboyants...
Un nouvel animal fait aujourd'hui son entrée dans le bestiaire grainvillien. Le baiser de la pieuvre est en effet inspiré par Le rêve de la femme du pêcheur d'Hokusai, célèbre estampe japonaise représentant une femme avec deux poulpes...
Dans une écriture plus sage qu'à l'accoutumée - atmosphère japonaise oblige -, l'auteur nous livre une belle fable décomplexée, ouvrant la voie à bien des interprétations. La pieuvre est-elle une projection du sexe féminin ? Faut-il voir dans les tentacules une allusion phallique ? Surtout, cet animal crachant de l'encre ne serait-il pas une belle métaphore de l'écrivain ?

Alice Ferney - Le Figaro du 14 janvier 2010
L'auteur des Flamboyants ou du Paradis des orages, qu'on dit baroque pour résumer, est surtout un styliste inspiré, un voyant, qui regarde les choses en les aimant. En vingt-deux romans, son oeuvre a délimité le territoire d'un imaginaire passionnel. Les femmes, les corps, le sexe et l'amour, les bêtes et les arbres, l'Afrique, la mer, la forêt, la chasse, la neige sont autant de beautés à quoi il a offert et confronté sa littérature. Avec Le Baiser de la pieuvre, on est saisi par l'adéquation parfaite entre le talent que détient le romancier et l'objet qu'il se donne : le style audacieux, absolument original, se déploie sur une matière qu'il enrichit et devient non pas la simple enluminure d'un récit, mais sa texture même. Poétique, analogique, imagé et, à mon avis, inégalé. Il y a du Giono dans l'inattendu des alliances verbales, un génie de l'image inédite qui, en déplaçant l'usage d'un terme, le recrée, fait choc, embrase le vocabulaire pour faire de chaque mot une «aigrette de feu», comme le dit Flaubert.

 
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