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.. L'écuyer mirobolant

Couverture du livre L'écuyer mirobolant

Date de saisie : 12/05/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Gallimard, Paris, France
Auteur : Jérôme Garcin

Prix : 15.90 € / 104.30 F
ISBN : 978-2-07-012182-3
GENCOD : 9782070121823
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 04/02/2010

Le podcasting des écrivains

22/04/2010
Jérôme Garcin

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4ème de couverture

" En équitation comme dans l'armée, Etienne savait combien c'eût été vain de vouloir casser les rebelles, soumettre les acariâtres, et qu'il était impossible d'atteindre la légèreté par la force, le brillant parla colère.
Même les étalons les plus impérieux, il ne les avait pas combattus. Au contraire, il n'avait eu de cesse de vouloir les comprendre pour mieux s'en faire des alliés. Quel que fût le cheval, il n'aspirait qu'à se passer des aides. Il rêvait en effet de régner sans poids ni appuis, par le seul souffle de la botte, la caresse du cuir et la profondeur de l'assiette. Monter n'était plus alors une activité physique, c'était une pensée pure, un acte de foi ".

Jérôme Garcin est notamment l'auteur, aux Editions Gallimard, de La chute de cheval, Bartabas, roman et Cavalier seul.


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Passage choisi

Dax, 16 janvier 1949

On aurait dit que, venu pour l'occasion du désert africain, un dromadaire blatérait derrière le mur et faisait l'intéressant mais ce n'était que l'ébrouement rauque d'un cheval de trait sonné par l'hiver gascon. Les grandes roues du corbillard, tiré par un frison noir charbon à la crinière bien tressée et à la démarche avantageuse, crissèrent alors sur le gravier blond du cimetière. C'était un jour de brume froide et de lassitude. Dans l'air cotonneux se jouait un mystérieux ballet d'ombres où brillaient, d'un éclat incongru, les ors de quelques uniformes.
Les Dacquois ne s'étaient pas déplacés. On eût dit qu'on enterrait un étranger. Le mort n'était pas d'ici. Il ne serait pas visité. Inutile de l'accompagner. Paru la veille dans le journal, dont les gros titres annonçaient l'ouverture du procès de Victor Kravchenko et le remplacement de Henri Queuille par Maurice Petsche au ministère des Finances et des Affaires économiques, un entrefilet avait découragé jusqu'aux retraités de la ville, qui assistaient pourtant à toutes les funérailles comme ils s'abonnaient à la saison culturelle du théâtre municipal : pour occuper le temps et sortir de la naphtaline leurs habits du dimanche.

Revue de presse

Nathalie Crom - Télérama du 12 mai 2010
Le goût pour l'équitation a ceci de spécial qu'il ne saurait être tiède : c'est de passion qu'il s'agit, toujours, et même d'éthique, de religion, de mystique, dans le cas du capitaine Etienne Beudant (1863-1949). Le dernier roman de Jérôme Garcin en fait une évocation tout ensemble réaliste et rêvée - un de ces portraits ciselés, admiratifs, songeurs, délicatement mélancoliques dans lesquels l'écrivain excelle.

Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 4 février 2010
Les vrais cavaliers sont volontiers de grands taiseux qui pratiquent leur art en solitaire, et préfèrent la sagesse muette des chevaux au bavardage humain...
Ainsi Etienne Beudant (1863-1949), cet «écuyer mirobolant» qui, comme les poètes et les musiciens, a voué son existence à la recherche de la légèreté et de l'équilibre...
Bien placé pour savoir qu'une distance pudique n'exclut pas les sentiments profonds, Jérôme Garcin romance cette destinée exemplaire avec des grâces de peintre orientaliste, une prose parfaitement cadencée, et l'admiration du disciple soucieux de faire connaître un maître.

Etienne de Montety - Le Figaro du 18 février 2010
Parlant de l'humanité, Oscar Wilde ne lui reconnaissait que deux mystères : la mort et la vulgarité. Jérôme Garcin a fait son art de tourner le dos à l'une comme à l'autre. De la mort, son expérience est saisissante...
Après Perspectives cavalières ou le très beau Cavalier seul, L'Écuyer mirobolant est une nouvelle variation autour de l'art équestre mais ne saurait être réduit à un nouvel hommage à cet animal extraordinaire qui, après lui avoir tout pris, lui a tout donné. Qu'il séduise les cavaliers, c'est chose certaine. Mais ceux qui ne le sont pas, on peut le leur pardonner, trouveront dans ce livre une formidable leçon d'humanité.

Raphaëlle Rérolle - Le Monde du 12 mars 2010
Fou de chevaux, l'écrivain et journaliste (au Nouvel Observateur) fait entrer dans son texte quantité de mots liés à l'équitation, certains très connus, d'autres, très énigmatiques, pour qui ne fréquente pas les paddocks. Un choix qui n'a rien d'ornemental ou de gratuit : loin d'alourdir le récit, ce registre le soulève et lui donne une partie de son charme. A travers lui, dans ses rugosités comme dans ses silences, se dessine le profil d'un homme singulier, dont l'auteur ébauche l'histoire avec délicatesse et un peu de mélancolie...
Avec beaucoup de douceur, l'écrivain décrit des paysages, des lumières, le corps des chevaux, la manière de les soigner, sans jamais trahir le mystère de l'homme qui l'a inspiré.

Jean-Claude Raspiengeas - La Croix du 17 mars 2010
Mais comment fait-il pour nous captiver ? Nous : des bipèdes qui redoutent l'approche d'un cheval et tremblent sur leurs chétifs jarrets à l'idée qu'ils pourraient se retrouver, juchés en déséquilibre, ballottés à plein galop sans rien contrôler, loin de l'ivresse du centaure. Comment fait Jérôme Garcin (La Chute de cheval ; Bartabas, roman ; Cavalier seul) pour nous entraîner, à sa suite, sans renoncer aux termes techniques de cet art équestre dont, sans lui, nous ne connaîtrions pas la patience d'orfèvre, les figures de style et les caracoles vertigineuses ?...
Jérôme Garcin distille une prose précise, au service d'une connaissance historique et d'une sensualité géographique pour décrire les reliefs et les senteurs de cette Afrique du Nord où s'est épanoui son prodigieux héros, vêtu de modestie. Il nous initie surtout aux secrets d'un monde où monter n'est plus une activité physique, mais «une pensée pure, un acte de foi».

 
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