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Date de saisie : 05/05/2010
Genre : Histoire
Editeur : Fayard, Paris, France
Auteur : Lorraine De Meaux
Prix : 28.00 € / 183.67 F
ISBN : 9782213638126
GENCOD : 9782213638126
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Sorti le : 24/02/2010
25/03/2010
Lorraine de Meaux
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Si, à partir de Pierre le Grand, la Russie a tout fait pour s'arrimer à l'Occident, un voile recouvre l'autre versant de son identité : sa composante orientale. Au xixe siècle, la construction d'un vaste empire colonial pousse la puissance russe toujours plus loin à l'est et au sud, du Caucase jusqu'à l'océan Pacifique. Entre la fondation de Saint-Pétersbourg en 1703 et la création de Vladivostok en 1860, on assiste à une véritable «orientalisation» de l'Empire. Militaires, savants et diplomates, écrivains et artistes nourrissent alors l'imaginaire de la Russie et fortifient sa vocation universelle. De Catherine II à Lénine, de Pouchkine à Diaghilev, cet ouvrage offre pour la première fois une présentation générale de la colonisation russe en Orient, des rêves suivis parfois de réveils cruels qui l'ont accompagnée, et dont certains durent encore.
Lorraine de Meaux est agrégée et docteur en histoire. Spécialiste de la Russie, elle a dirigé l'ouvrage Saint-Pétersbourg. Histoire,promenades, anthologie et dictionnaire (Robert Laffont, collection «Bouquins», 2003).
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Extrait de l'introduction
La Russie a été et reste aujourd'hui tentée par l'Orient. Cette attirance constitue un élément clef de sa construction nationale : elle a été particulièrement prégnante au XIXe siècle, «Grand Siècle russe» par excellence, période fondatrice en termes de matrice identitaire, durant laquelle la Russie a gagné ses galons de grande puissance sur les plans politique, économique et culturel. L'«Orient» sous ses différents avatars était alors omniprésent. D'une part, la Russie affirmait son orthodoxie, soit son christianisme oriental, contre l'Occident catholique et protestant ; d'autre part, elle s'engageait dans la construction d'un vaste empire colonial en direction du sud et de l'est. Alors que, depuis Pierre le Grand (1682-1725), l'État et la société russes étaient entrés dans un processus d'occidentalisation, l'expansionnisme en direction du Caucase, de l'Asie centrale et de l'Extrême-Orient - avec la fondation de Vladivostok, «maître de l'Orient», en 1860 - soulève la question d'une éventuelle orientalisation.
La notion d'Orient demande à être précisée. La définition de l'Ojegov, Petit Robert russe, est à la fois relative et européocentrée : «Direction opposée à l'ouest». Mais il ne faut pas se fier à cette trompeuse simplicité : le terme «Orient» recoupe en Russie différentes réalités, géographiques, historiques et symboliques. Il a notamment la particularité d'être à la fois extérieur et intérieur.
François-Guillaume Lorrain - Le Point du 5 mai 2010
Cette "tentation de l'Orient", la jeune historienne Lorraine de Meaux l'explore bien au-delà du domaine politique et militaire. Pouchkine, Lermontov, Tolstoï diffusent dans leurs oeuvres une image positive d'un Caucase terre de liberté et de culture. Une façon de critiquer l'impérialisme russe, qui s'affirme alors avec violence par un rejet de l'Occident et une slavophilie qui vire à l'eurasisme, obsession de l'Idée russe. Obsession encore prégnante, malgré la longue parenthèse du communisme.
1) Qui êtes-vous ? !
Professeur agrégée, docteur en histoire, j'ai dirigé en 2003 Saint Pétersbourg, histoire, promenades, anthologie et dictionnaire (Bouquins, Robert Laffont), à l'occasion du tricentenaire de la ville.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'histoire des rapports de l'Empire russe avec sa dimension orientale, proche ou lointaine. La construction de l'identité russe au XIXe siècle.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Le terme «Orient» recoupe en Russie différentes réalités, géographiques, historiques et symboliques. Il a notamment la particularité d'être à la fois extérieur et intérieur. L'Orient est d'abord ce qui vient au-delà des frontières et n'est pas l'Europe, c'est-à-dire un monde vaste et hétérogène étendu du Caucase au Japon, un «étranger proche» dont la proximité même a favorisé heurts et échanges.»
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La fusion entre Shéhérazade, de Rimski-Korsakov, et le vieil hymne impérial russe, Dieu sauve le Tsar. Avec, déjà, quelques mesures de L'Oiseau de feu, d'Igor Stravinsky...
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Mon goût pour le Koumys, lait de jument fermenté, apprécié des Cosaques et des Tchétchènes... Ma passion pour l'Orient russe en général, continent méconnu de l'histoire contemporaine.