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.. Lettres à Yves

Couverture du livre Lettres à Yves

Date de saisie : 24/06/2010
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Gallimard, Paris, France
Auteur : Pierre Bergé

Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-07-012887-7
GENCOD : 9782070128877
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 04/03/2010

Le podcasting des écrivains

12/05/2010
Pierre Bergé

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4ème de couverture

«5 juin 2008
Comme le matin de Paris était jeune et beau la fois où nous nous sommes rencontrés ! Tu menais ton premier combat. Ce jour-là, tu as rencontré la gloire et depuis, elle et toi, ne vous êtes plus quittés. Comment aurais-je pu imaginer que cinquante années plus tard nous serions là, face à face, et que je m'adresserais à toi pour un dernier adieu ? C'est la dernière fois que je te parle, la dernière fois que je le peux. Bientôt, tes cendres rejoindront la sépulture qui t'attend dans les jardins de Marrakech.»


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Passage choisi

5 juin 2008

Comme le matin de Paris était jeune et beau la fois où nous nous sommes rencontrés ! Tu menais ton premier combat. Ce jour-là, tu as rencontré la gloire et, depuis, elle et toi ne vous êtes plus quittés. Comment aurais-je pu imaginer que cinquante années plus tard nous serions là, face à face, et que je m'adresserais à toi pour un dernier adieu ? C'est la dernière fois que je te parle, la dernière fois que je le peux. Bientôt, tes cendres rejoindront la sépulture qui t'attend dans les jardins de Marrakech.
C'est à toi que je m'adresse, à toi qui ne m'entends pas, qui ne me réponds pas. Tous ceux qui sont ici m'entendent, mais toi seul ne le peux.
Comment ne pas se souvenir ? Je me souviens de cette première rencontre et de celles qui ont suivi. Je me souviens du jour où nous avons décidé - mais décide-t-on dans ces cas-là ? - que nos routes allaient se rejoindre et n'en feraient qu'une. Je me souviens de t'avoir annoncé sur ton lit d'hôpital au Val-de-Grâce que tu n'étais plus à la tête de la maison de haute couture qui t'employait et je me souviens de ta réaction : «Alors, m'as-tu dit, nous allons en fonder une ensemble et tu la dirigeras.» Je me souviens de la chasse à l'argent, des écueils qui surgissaient de partout, mais pour toi j'aurais affronté plus de risques encore. Je me souviens de ta première collection sous ton nom, rue Spontini, et de tes larmes à la fin qui témoignaient de mois de doutes, de recherches, d'angoisse. Une fois de plus la gloire était venue te frôler de son aile. Puis les années se sont succédé et avec elles les collections. Comme elles ont passé vite, ces années, et comme tes collections ont façonné leur époque. De tous les couturiers, tu fus le seul à avoir ouvert le livre de ta vie, à le commencer au chapitre I, à l'écrire, et à y inscrire le mot Fin. Tu avais compris que l'époque qui s'annonçait ne demanderait ni rigueur ni exigence et, après un dernier défilé au Centre Pompidou qui demeurera dans la mémoire de la mode, tu as quitté à jamais ce métier que tu avais tant servi et que tu avais tant aimé.

Revue de presse

Jérôme Serri - Lire, juin 2010
La vie tumultueuse de Pierre Bergé et d'Yves Saint-Laurent à l'enseigne de l'amour et de l'art...
Il y a le grand couturier des médias, auréolé de gloire et de solitude. Et il y a celui que seul Pierre Bergé connut et auquel il ose s'adresser en ces termes : "Tu as toujours su que la mode n'était pas un art, même s'il fallait un artiste pour la créer. C'est bien pour cela que tu t'es imposé une telle rigueur."...

Gérard Lefort - Libération du 18 mars 2010
C'est un «petit» livre, vif et tranchant. Ce sont des lettres que Pierre Bergé adresse à Yves Saint Laurent, du 5 juin 2008, date des funérailles de Saint Laurent, au 14 août 2009. Ce doit être une étrange épreuve que d'écrire à un mort, qui plus est quand il fut un bien-aimé...
Du coup, cette correspondance d'outre-tombe agit comme une expérience spirite. Pierre Bergé fait tourner les pages comme on fait tourner les tables. On songe au message des Enfers qu'Orphée écoute sur son autoradio dans le film éponyme de Cocteau. Des messages chiffrés, insensés pour qui n'a pas l'ouïe fine. Il faut lire ces Lettres à Yves comme Jean Marais tend l'oreille vers l'au-delà : ici l'ombre.

 
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